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L'Américain General Mills, propriétaire d'Häagen-Dazs, a gagné la bataille pour le contrôle des yaourts Yoplait

"On est entré en négociation exclusive avec General Mills", a déclaré le fonds d'investissement PAI Partners, qui vend la moitié de la marque, les autres 50% restant au français Sodiaal."Yoplait ne devient pas américain. Au contraire. Nous sommes la garantie que Yoplait reste français", affirme le président de Sodiaal dans le Figaro de samedi.
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Produits Yoplait (AFP/Thomas Coex)

"On est entré en négociation exclusive avec General Mills", a déclaré le fonds d'investissement PAI Partners, qui vend la moitié de la marque, les autres 50% restant au français Sodiaal.

"Yoplait ne devient pas américain. Au contraire. Nous sommes la garantie que Yoplait reste français", affirme le président de Sodiaal dans le Figaro de samedi.

Toutefois les discussions devraient permettre à General Mills, sixième groupe agroalimentaire mondial, de devenir actionnaire majoritaire de Yoplait, avec 51% du capital, car Sodiaal a accepté de lui vendre 1% de sa participation.

"La société Yoplait restera de nationalité française, son siège, son centre de recherche et ses sites de production resteront en France. Sodiaal devra donner son accord pour toutes les décisions stratégiques, des opérations de croissance au choix du management", explique de son côté, toujours au Figaro, le président de Sodiaal International, Gérard Budin.

Cependant, François Iches, président de Sodiaal persiste et signe dans le Figaro : "L'accord avec General Mills assure à Sodiaal la propriété de 50% de la marque Yoplait. C'est un partage véritable et total de la marque, que ne garantissaient pas tous les candidats".

800 millions d'euros déboursés par General Mills
Le géant américain va débourser au total plus de 800 millions d'euros, ce qui valorise à 1,6 milliard la totalité du capital de Yoplait , dont les ventes s'établissaient à 3,5 milliards d'euros dans le monde en 2010.

Les instances représentatives du personnel vont être consultées "rapidement", ont indiqué les parties dans des communiqués distincts. Un comité central d'entreprise extraordinaire (CCE) de Yoplait est prévu la semaine prochaine à Paris.

Le français Sodiaal a vendu 1% décisif
"Nous sommes choqués par la décision de Sodiaal de diminuer sa part. Yoplait est une marque française et doit le rester. On attend les précisions", a dénoncé à l'AFP Thierry Renaudin, délégué CGT de Yoplait , première organisation syndicale au sein du groupe.

A la suite du rachat, Yoplait , qui emploie environ 1.400 personnes en Europe dont 1.250 en France, serait divisé en deux: une société d'exploitation qui comprend l'outil de production et une société qui contrôle les marques et encaisse les royalties. C'est cette division juridique qui garantirait "l'ancrage français" du groupe, puisque Sodiaal, qui comprend 9.000 producteurs de lait français, en détiendrait la moitié du capital.

"On voulait que Yoplait reste français", a expliqué à l'AFP un porte-parole de PAI. "Sodiaal n'est pas cotée, elle n'est donc pas opéable. (En outre), les centres de recherche et le siège social de Yoplait restent en France", a-t-il ajouté.

Le projet industriel de General Mills prévoit un renforcement des positions de Yoplait en Europe et une accélération de son développement dans les marchés émergents, en Chine, où le producteur de produits laitiers est absent, et en Inde, résument Sodiaal et PAI dans un communiqué commun.

Cette offre met aussi fin au litige qui opposait General Mills, le franchisé de Yoplait aux Etats-Unis, et le groupe français sur le montant des redevances versées par la société américaine. Jugeant ce montant trop bas, la marque à la petite fleur avait dénoncé le contrat en 2010, mais l'exploitant des conserves Géant Vert avait porté l'affaire devant les tribunaux.

Le géant américain remporte une bataille mondiale
Il faut dire que le géant américain emporte une bataille qui a mis aux prises les plus grands groupes mondiaux dans un secteur des produits laitiers en forte concentration. L'entreprise chinoise Bright Food dont l'offre était jugée la plus attractive en termes de prix, mais aussi le numéro un mondial de l'agroalimentaire, le suisse Nestlé, le mexicain Lala, les français Bel et Lactalis voulaient tous s'offrir Yoplait , l'un des rares tremplins pouvant permettre aux uns de conforter leur leadership et aux autres de se hisser au statut d'acteurs de premier plan.

Le gouvernement, qui privilégiait une solution de reprise française, n'avait pas encore réagi vendredi . L'Etat suivait de près le dossier par souci, expliquait-on, de préserver les intérêts des producteurs français. Car plus de 2 milliards de litres de lait français sont vendus à Yoplait par an.

PAI avait acheté la moitié de Yoplait en juin 2002 pour 71 millions d'euros, alors que Sodiaal, dont l'ancêtre Sodima avait créé la marque à la petite fleur en 1964, était en quête d'argent frais. Un investissement fortement rentable même si le fonds indique y avoir investi 200 millions d'euros depuis.

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