Thales rachète Gemalto et crée un géant de la sécurité numérique

Avec cette acquisition, Thales "se classera parmi les trois principaux acteurs mondiaux avec 3,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur le marché en forte croissance de la sécurité numérique", selon un communiqué.

Patrice Caine, PDG du groupe Thales, au siège du groupe à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), le 28 avril 2016.
Patrice Caine, PDG du groupe Thales, au siège du groupe à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), le 28 avril 2016. (BENOIT TESSIER / REUTERS)

L'opération devrait accoucher d'un géant mondial de la sécurité informatique. Le groupe technologique français Thales a annoncé, dimanche 17 décembre, l'acquisition du numéro un mondial des cartes SIM Gemalto.

Cet "accord de rapprochement" valorise Gemalto à environ 4,8 milliards d'euros en offrant 51 euros pour chacune de ses actions et laisse sur le bord de la route le groupe Atos dont l'offre à 46 euros par action se montait à 4,3 milliards d'euros au total.

Un chiffre d'affaires de 3,5 milliards d'euros

Thales, dont la sécurité est l'une des branches à côté de l'aérospatial, du transport et de la défense, compte au total 64 000 salariés dans 56 pays. Avec cette acquisition, le groupe veut ainsi présider avec le spécialiste de la protection des données à la "création d'un leader mondial du marché en croissance rapide de la sécurité digitale", selon un communiqué conjoint. Avec cette acquisition, Thales "se classera parmi les trois principaux acteurs mondiaux avec 3,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur le marché en forte croissance de la sécurité numérique", poursuit le communiqué.

Le groupe aura recours pour ce rachat à un "financement bancaire de 4 milliards d'euros" et précise à l'attention de ses actionnaires qu'il ne "modifiera pas sa politique de dividende".

"Pas de suppressions d'emplois", promet Thales

Thales "apportera son activité numérique à Gemalto, qui continuera d'opérer sous sa propre marque, en tant qu'une des sept activités mondiales de Thales" et Philippe Vallée, directeur général de Gemalto, "prendra la tête de cette nouvelle activité". Patrice Caine, le PDG de Thales, un groupe qui pèse environ 18 milliards d'euros, a affirmé lors d'une conférence de presse téléphonique qu'il s'agit d'un "vrai projet de conquête, un accélérateur de croissance" pour "deux jumeaux dans le numérique".

"Vous avez les deux plus grands groupes de tech mondiaux d'origine française, c'est aussi pour ça que ce projet a été voté à l'unanimité", a lancé Patrice Caine. Il s'est par ailleurs félicité d'"accueillir chaleureusement les 15 000 employés" de Gemalto au sein de son groupe. Sur le volet social, "Thales n'anticipe pas de suppressions d'emplois qui résulteraient de cette opération" et "s'engage à préserver l'emploi dans les activités françaises de Gemalto au moins jusqu'à fin 2019", selon le communiqué.