Des salariés d'Ascoval bloquent un site de Vallourec, actionnaire principal et seul client de l'aciérie

Ils veulent "mettre la pression sur Vallourec", avant une réunion au ministère de l'Economie.

Manifestation de salariés d\'Ascoval, le 24 octobre 2018, dans le Nord.
Manifestation de salariés d'Ascoval, le 24 octobre 2018, dans le Nord. (MAXPPP)

Une trentaine de salariés d'Ascoval de Saint-Saulve (Nord), en redressement judiciaire, bloquent, vendredi 26 octobre, toutes les entrées du site de Vallourec, principal actionnaire de l'aciérie, à Aulnoye-Aymeries, près de Maubeuge. "C'est un blocage complet du site, personne ne rentre. L'idée, c'est de mettre la pression sur Vallourec alors qu'il y a une réunion aujourd'hui à Bercy" sur l'avenir de l'aciérie, a déclaré à l'AFP Nicolas Lethellier, délégué CGT de Saint-Saulve. Jusqu'à présent, "on a été professionnels, dignes" mais "donéravant, Vallourec, on va l'étouffer", avait prévenu Bruno Kopczynski, porte-parole de la coordination syndicale d'Ascoval.

>> L'article à lire pour comprendre la situation de l'aciérie d'Ascoval

Des feux de pneus ont été allumés devant les entrées du site et une centaine de salariés attendent devant l'entrée principale, dans le calme. Ils devaient prendre leur poste à 6 heures, jusqu'à 14 heures. "On est plutôt solidaire de ce qu'il leur arrive. Il y a des craintes tout autour de nous, il y a des restructurations, comme nous le rappelle la mondialisation tous les jours", a déclaré à l'AFP Dany, qui travaille à la tuberie d'Aulnoye depuis 14 ans.

Le tribunal de Strasbourg a accordé mercredi un sursis de deux semaines à l'aciérie d'Ascoval, en redressement judiciaire, bloquée depuis mardi par ses salariés qui espèrent toujours qu'un repreneur sauve les 281 emplois du site de Saint-Saulve. Le groupe franco-belge Altifort a fait "une offre ferme" en s'engageant à investir 140 millions d'euros, à maintenir tous les emplois d'Ascoval et à en créer 133 nouveaux. En contrepartie, l'entreprise a demandé à l'actionnaire Vallourec de maintenir le volume de commandes et des prix pendant les 18 mois suivant la reprise. Ces conditions ont été rejetées par Vallourec.