Airbus A380 : l’échec d’une stratégie

L’A380 faisait figure de modernité et de prouesse technologique, mais le monde aérien a évolué et les compagnies ont changé de feuille de route. Dans deux ans, les appareils ne sortiront plus des usines.

Au pied des Pyrénées, c’est un cimetière d’A380. Quatre attendent déjà d’être revendus en pièces détachées. L’un des fleurons d’Airbus se brise les ailes. "Ça restera comme le Concorde, ça restera dans les mémoires", témoigne un passionné. "Ça fait mal au cœur, mais ça ne marche pas alors il faut arrêter", avoue un autre. Ce long courrier à deux étages était capable de transporter plus de 850 passagers, et avait été inauguré en grande pompe il y a quinze ans.

Échec commercial

Aujourd’hui, Airbus reconnait un échec commercial "On assiste à la fin des avions à quatre moteurs comme l’A380, c’est comme ça. Nous avons eu dix ans de retard voire plus", avoue Thomas Enders, président exécutif du groupe Airbus.
C’est désormais Boeing avec ses avions à 300 passagers qui rafle la mise. 274 commandes pour Airbus contre 614 pour Boeing. L’avion américain consomme aussi beaucoup moins. L'A380 est un appareil non rentable qui n’a pas été vendu assez. Si 3 000 salariés le construisaient, ils devraient tous êtes reclassés au sein de l’entreprise. Airbus devrait se concentrer sur d’autres types d’avions comme l’A350.

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Un airbus A380, le 14 juillet 2014, à Farnborough (Angleterre).
Un airbus A380, le 14 juillet 2014, à Farnborough (Angleterre). (CARL COURT / AFP)