84% des Français expriment un "ras-le-bol fiscal"

Le mécontentement transcende les clivages politiques traditionnels et se ressent dans toutes les catégories sociales. 

Le siège du ministère de l\'Economie et des Finances, à Paris.
Le siège du ministère de l'Economie et des Finances, à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

Alors que les avis d'imposition sont tombés dans les boîtes aux lettres, les Français trouvent l'addition trop salées. Selon un sondage CSA pour le journal Nice Matin, 84% des personnes interrogées disent ressentir un ras-le-bol fiscal à titre personnel. Seulement 16% affirment le contraire. 

Le mécontentement, aussi appelé "grogne fiscale", transcende les clivages politiques traditionnels, même si les sympathisants de droite (94%) l'expriment beaucoup plus que ceux de gauche (70%). Par ailleurs, il "se vérifie" dans toutes les catégories sociales, "indépendamment de l'âge ou de la profession des répondants", souligne CSA. 79% des personnes interrogées affirment que leurs impôts ont augmenté et 38% considèrent même qu'ils ont "beaucoup augmenté", la perception de la hausse étant légèrement plus forte chez les cadres (89%) que chez les ouvriers (78%).

Dans ces conditions, ils sont 86% à refuser la perspective de payer plus d'impôts pour redresser les comptes publics, contre 14% qui se montrent disposés à le faire.

"Une pause fiscale" en vue ? 

Alors que François Hollande s'est récemment engagé à ouvrir une "pause fiscale", 69% des Français interrogés par l'institut CSA disait début septembre ne pas croire cette promesse. "C'est normal, avait alors souligné le ministre du Travail, Michel Sapin, invité de l'émission "C Politique" dimanche. Cela fait cinq ans que tous les ans, les impôts augmentent. Cela a augmenté en 2010, surtout en 2011... Vous me direz, on a continué en 2013 : on a essayé de le faire de la manière la plus juste possible. Car dans un premier temps, il faut rétablir les choses, redresser la situation. (...) Nous sommes arrivés au moment où il doit y avoir une inversion de la courbe des prélèvements obligatoires."

Le ministre avait alors lui aussi  plaidé en faveur d'une "inversion de la courbe des prélèvements obligatoires". 

 

Le sondage a été mené auprès de 1 005 personnes, interrogées par internet, selon la méthode des quotas, entre le 27 et le 29 août.