Taubira veut rendre des terres aux descendants d'esclaves

Dans une interview au "JDD", la ministre de la Justice envisage "des politiques foncières" pour réparer les "confiscations" de la période coloniale en outre-mer.

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, le 7 mai 2013, à l\'Elysée, à Paris.
La ministre de la Justice, Christiane Taubira, le 7 mai 2013, à l'Elysée, à Paris. (MARTIN BUREAU / AFP)

A défaut de compensation financière, une compensation foncière ? La ministre de la Justice Christiane Taubira plaide, dimanche 12 mai, dans Le Journal du Dimanche, pour une politique foncière qui permettrait aux descendants d'esclaves d'avoir accès aux terres, notamment dans les territoires d'outre-mer. "En outre-mer, il y a eu une confiscation des terres, ce qui fait que, d'une façon générale, les descendants d'esclaves n'ont guère accès au foncier", explique-t-elle. 

"Il faudrait donc envisager, sans ouvrir de guerre civile, des remembrements fonciers, des politiques foncières, selon la ministre. Il y a des choses à mettre en place sans expropriation, en expliquant très clairement quel est le sens d'une action publique qui consisterait à acheter des terres." 

Pas de compensation financière de l'esclavage

Christiane Taubira pointe des différences entre les différentes collectivités d'outre-mer. Ainsi, en Guyane, où l'État avait accaparé le foncier, "c'est plus facile" qu'aux Antilles, où les descendants des maîtres d'esclaves "ont conservé les terres", rendant une politique foncière "plus délicate à mettre en œuvre".

Vendredi, à l'occasion de la journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, François Hollande avait souligné "l'impossible réparation" des ravages de l'esclavage, "outrage fait par la France à la France". Alors que le Conseil représentatif des associations noires de France a demandé une réparation financière de l'esclavage, Christiane Taubira affirme, dimanche, que "c'est un débat dans lequel je n'ai jamais souhaité m'inscrire".