Pour lutter contre les marchands de sommeil, des villes de Seine-Saint-Denis mettent en place un "permis de louer"

Les propriétaires qui s'y soustraient encourent une amende de 5 000 euros ou 15 000 euros en cas de récidive.

La ville de Stains (Seine-Saint-Denis), le 10 avril 2018. .
La ville de Stains (Seine-Saint-Denis), le 10 avril 2018. . (MAXPPP)

Pour mettre un bien en location, les propriétaires de certains quartiers de Seine-Saint-Denis, dont les centres anciens de Saint-Denis et Aubervilliers, doivent demander depuis le 1er janvier une autorisation à la mairie pour pouvoir signer un nouveau bail. Les municipalités espèrent ainsi lutter contre les marchands de sommeil. Ceux qui s'y soustraient encourent une amende de 5 000 euros et 15 000 euros en cas de récidive.

Saint-Denis et Aubervilliers, des investisseurs n'hésitent pas à louer au prix fort des taudis à des personnes précaires, souvent immigrées, dans un contexte de saturation de l'hébergement d'urgence et du logement social. A Saint-Denis, près de 22% de l'habitat privé est potentiellement indigne, soit quelque 5 462 logements situés majoritairement dans le centre, selon la municipalité communiste.

Depuis octobre 2017, Pierrefitte, première ville du département à avoir mis en place ce permis de louer, n'a reçu qu'une douzaine de demandes d'autorisation et opposé un refus. "Il est évident que ce ne sont pas les marchands de sommeil qui vont faire une demande, a souligné auprès de l'AFP le maire socialiste Michel Fourcade. Mais on peut désormais les faire condamner plus facilement et espérer que ça calmera les réseaux."