Mobilisation contre la réforme des retraites : une journée de grève, "c'est environ 400 millions d'euros d'activité en moins"

Le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises s'inquiète des conséquences de la grève du 5 décembre si elle dure plusieurs jours. 

François Asselin en novembre 2019. 
François Asselin en novembre 2019.  (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

François Asselin, président de la CPME (la Confédération des petites et moyennes entreprises), s'inquiète mardi 3 décembre d'un mouvement de grève qui pourrait durer au-delà du 5 décembre. Un journée de grève générale, "c'est environ pour le pays, 400 millions d'euros d'activité en moins", a-t-il précisé. François Asselin soutient la réforme des retraites lancée par le gouvernement. Il demande au Premier ministre d'"expliquer au plus grand nombre" ce que sera, demain, la retraite des Français "pour avoir la chance de convaincre dans cette réforme dite structurelle".

franceinfo : Soutenez-vous cette réforme ?

François Asselin : Nous avons toujours soutenu un régime universel par points, parce que nous pensons que c'est un moyen intelligent de répondre à deux défis que nous avons devant nous. D'abord, un défi démographique car il y aura de plus en plus de retraités et en proportion moins d'actifs par rapport à aujourd'hui. Et puis, un autre défi qui fait qu'aujourd'hui, vous avez des régimes spéciaux qui sont fortement déficitaires. Il faut petit à petit les ramener dans le giron du régime général. Donc, c'est plutôt une réforme intéressante

Pensez-vous que le gouvernement doit faire plus de pédagogie ?

Maintenant, nous sommes comme tous les Français. Ce que nous attendons, c'est de savoir comment, par exemple, vont être prises en compte les carrières longues ou les carrières des professions libérales. Bref, il y a beaucoup de questions autour de cette réforme des retraites. Et tant que nous n'aurons pas un éclairage précis de la part de l'exécutif, on peut se poser beaucoup de questions. Des bonnes comme des moins bonnes.

Vous avez rencontré Edouard Philippe, le premier ministre, la semaine dernière dans le cadre de la concertation avec les partenaires sociaux. Est ce qu'il vous a semblé déterminé ?

J'ai eu en face de moi un Premier ministre serein, étonnamment serein d'ailleurs. Absolument pas fébrile, mais déterminé à aller au bout de cette réforme. Il sait qu'il a en face de lui un mur, le mur de la grève du 5 décembre prochain. Il sait que beaucoup de Français sont dans l'attente. Mais pour autant, il veut continuer à aller jusqu'au bout dans cette réforme. Maintenant, si le gouvernement veut vraiment avoir la chance de convaincre dans cette réforme dite structurelle, il va falloir expliquer au plus grand nombre comment va fonctionner, demain, la retraite des Français.

Et si cette grève dure ?

Si ça dure, là, c'est une autre paire de manches. Ça se complique. Si, par exemple demain, on est en panne de carburant, on ne peut plus vraiment se déplacer, y compris en milieu rural. C'est là où d'un seul coup, effectivement, pour l'économie, ça peut être franchement très dommageable, surtout à l'approche des fêtes de Noël. C'est une période de forte consommation. On a estimé qu'une journée de grève générale, c'était environ 400 millions d'euros d'activité en moins pour le pays, et spécialement pour la région Ile-de-France, c'est à peu près 200 millions d'euros. C'est considérable, surtout si cela s'étend dans le temps.