"Les grèves ne sont pas payées comme certaines légendes le disent", assure un syndicaliste de la RATP

Les conducteurs de la ligne 12 du métro parisien se préparent à une grève dure à partir de jeudi. Reportage à la station Mairie d'Issy.

Un métro de la ligne 12 à Paris, (photo d\'illustration du 15 février 2010).
Un métro de la ligne 12 à Paris, (photo d'illustration du 15 février 2010). (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Chronique d’une galère annoncée, la grève contre la réforme des retraites commence jeudi. Dans les transports parisiens, le conflit risque d’être aussi dur, sinon plus que celui de 2007. En tout cas les conducteurs du métro s'y préparent, à l'image d'Antonio. Comme la plupart de ses collègues de la ligne 12, il est décidé à aller jusqu'au bout, quel que soit le coût. "Ça va sûrement être des économies qui vont passer au niveau de la grève au lieu de passer dans du loisir ou dans des vacances", confirme-t-il, résigné.  

Sami, élu Unsa de la RATP, vérifie que les salariés qui veulent faire grève se sont déclarés comme la loi le prévoit depuis 2007. Et il prévient ses collègues, ils ne doivent pas compter sur une caisse de grève : "Tout ce qu'on perd, on le perd. Il y a des fois où on arrive à discuter d'échelonnements des prélèvements sur le salaire. En tous cas, il n'y a pas de caisse. Une journée de grève, elle est retirée entièrement. Les grèves ne sont pas payées comme certaines légendes le disent".

"On mangera des pommes de terre pendant le restant du mois"

Sébastien, ancien chauffeur de taxi, est conducteur de métro depuis un an. Il n'a pas été embauché au statut mais sous le régime du CDI. Alors la réforme des retraites, il dit être "en plein dedans. Quand j'étais indépendant, j'avais ma paye au jour le jour alors que là, maintenant, j'ai l'argent pour le mois et toutes les factures partent immédiatement dès qu'on a le salaire.  Du coup, on paiera le loyer et puis on mangera des pommes de terre pendant le restant du mois", prévoit-il déjà.

Depuis plusieurs semaines, la grève est dans toutes les conversations physiques et virtuelles, raconte Jimmy, conducteur depuis six ans. "Les réseaux sociaux, il faut faire avec notre temps aussi. On est tous en contact les uns avec les autres, il n'y a aucun problème." Père d'un enfant de neuf ans, il a dû s'expliquer aussi en famille. "Il m'a posé des questions. Ce week-end, je l'ai eu avec moi, je lui ai dit qu'on allait être en grève. Il m'a demandé pourquoi, qu'est-ce qui va se passer ?"   

Je lui ai dit : si je me bats, c'est pour toi mon fils, pour que tous nos acquis restent là et qu'on continue à avoir une vie correcte.Jimmy, conducteur de métroà franceinfo

Pendant la grève, Jimmy ira peut-être loger dans sa famille plus proche de son lieu de travail car de nombreux conducteurs de la ligne 12 habitent loin et pour venir au piquet de grève ou aux manifestations, ils risquent, comme tous les Franciliens, d'avoir quelques problèmes de circulation.

Grégoire Lecalot est allé à la rencontre des conducteurs de la ligne 12 du métro parisien.
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