Grève des transports : le gouvernement autorise les chauffeurs de cars à rouler plus longtemps

La durée maximale de conduite des chauffeurs sera allongée dans la limite de deux heures par jour et dans celle de six heures par semaine.

Des cars dans une gare routière à Paris, le 8 décembre 2019.
Des cars dans une gare routière à Paris, le 8 décembre 2019. (MATHIEU MENARD / HANS LUCAS / AFP)

Les chauffeurs d'autocars pourront "temporairement" rouler plus longtemps jusqu'au 24 décembre inclus, selon un arrêté publié mercredi 18 décembre au Journal officiel. Cette mesure, qui ne s'applique pas aux bus scolaires ou de transports en commun urbains, doit leur permettre de surmonter les perturbations liées au mouvement social contre la réforme des retraites, à l'approche de Noël.

La durée maximale de conduite des chauffeurs sera allongée dans la limite de deux heures par jour et dans celle de six heures par semaine. En temps normal, la durée quotidienne de conduite effective ne peut excéder neuf heures. Exceptionnellement, elle peut être portée à 10 heures, au maximum deux fois par semaine. La durée hebdomadaire de conduite ne peut, elle, dépasser 56 heures et 90 heures sur deux semaines consécutives.

Solidaires craint "des accidents" liés à la fatigue

Selon l'arrêté, le gouvernement a pris cette décision "considérant qu'un mouvement social national perturbe les conditions de circulation sur le réseau routier national dans son ensemble et que ce mouvement engendre de fréquents ralentissements". Cette "situation, qui constitue un cas d'urgence (...), justifie la mise en œuvre d'une dérogation temporaire aux règles en matière de temps de conduite et de repos", poursuit l'arrêté. Deux opérateurs contrôlent aujourd'hui le marché des autocars interurbains, l'Allemand Flixbus et BlaBlaBus, émanation de BlaBlaCar.

Le syndicat Solidaires Transports s'est insurgé contre l'arrêté. "La seule logique de ce décret est de casser la grève à la SNCF, la RATP, mais aussi dans les centaines d'entreprises de transports par bus, a-t-il réagi, mercredi. Le gouvernement prend volontairement le risque de provoquer des accidents de transports en commun suite à l'extrême fatigue imposée aux conducteurs."