Urgences : faut-il faire appel aux cliniques privées ?

Après six mois de grève dans les urgences, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, va dévoiler, lundi 9 septembre, une nouvelle série de mesures. Et si, pour désengorger ces services sous tension, la solution se trouvait dans le privé ? Les cliniques devraient-elles accueillir plus de patients ? Éléments de réponse.

FRANCE 2

Après s'être foulé le poignet en cours de sport, c'est dans un service d'urgences privé d'un hôpital de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) que se sont rendues Maya Mottet et sa mère. Et ce n'est pas la première fois. À 11h45 vendredi dernier, on comptait un peu moins de dix personnes dans la salle d'attente. Pourtant, cette journée représente le pic de fréquentation hebdomadaire de ces urgences. Après 45 minutes, la jeune femme est reçue par un médecin. La consultation est suivie d'une radio. Au total, le parcours aura duré un peu moins de 2 heures. Pour le Dr Nathalie Bonhomme-Comte, médecin urgentiste, qui travaille dans le public et dans le privé, ce gain de temps est avant tout lié à une organisation différente et optimisée. Pour une prise en charge aux urgences, il n'y a pas de surcoût par rapport au public. La différence de tarif se fait ensuite lors d'une éventuelle hospitalisation.

8 patients sur 10 sont redirigés vers des services d'urgences publics

En 2018, 24 000 patients ont été pris en charge dans les urgences privées de la clinique clermontoise. Le service pourrait accueillir jusqu'à 40% de patients en plus. Mais selon le directeur de l'hôpital, les patients pris en charge par les pompiers ou le Samu ne sont pas assez souvent redirigés vers son établissement. En 2016, 21,2 millions de patients ont été pris en charge dans un service d'urgences. Parmi eux, plus de 8 personnes sur 10 ont été accueillies dans une structure publique. Si les urgences privées de Clermont-Ferrand sont ouvertes 24 heures sur 24, ce n'est pas le cas de toutes les structures. Pour la Fédération hospitalière de France (FHF), qui représente les hôpitaux publics, le privé peut être une des solutions, à condition de vraiment respecter les mêmes missions. Une autre solution, selon la fédération, serait d'augmenter le nombre de médecins généralistes pour éviter les déplacements inutiles aux urgences.

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La ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, le 10 juillet 2019 à l'Elysée. (LUDOVIC MARIN / AFP)