Cinq jours sur un brancard dans un couloir : les urgences de Saint-Étienne complètement débordées

Depuis le début du mois de juillet, 28 lits sont fermés temporairement dans deux services post-urgences du CHU de Saint-Étienne.

Grève aux urgences du CHU de Saint-Étienne, le 11 juin 2019
Grève aux urgences du CHU de Saint-Étienne, le 11 juin 2019 (MAXPPP)

Axelle est aide-soignante au CHU de Saint-Étienne. Régulièrement, il lui arrive de "faire la toilette (des patients, ndlr) en plein milieu d'un couloir", faute de places dans les box, ces compartiments qui assurent l'isolement du malade dans une salle d'hôpital. "Le patient n'a plus d'intimité, même si on met une espèce de paravent, regrette-t-elle au micro de France Bleu Saint-Étienne Loire. Dans un couloir, il n'y a plus ni confort ni respect de la pudeur". Mardi 30 juillet, un triste record a été battu au CHU : 120 heures sur un brancard pour un homme de 72 ans, autrement dit cinq jours bloqué dans un couloir des urgences.

Des lits temporairement supprimés cet été

Dans son service, Axelle a vu jusqu'à quarante patients attendre une chambre, allongés sur un brancard dans le couloir. Ils y passent parfois plusieurs jours, immobiles. Les plus fragiles voient leur état physique se dégrader. "Ils repartent avec des débuts d'escarres, des rougeurs, parce qu'ils sont restés trop longtemps sur les matelas, explique l'aide-soignante. On essaye de les masser le plus souvent possible. Le problème, c'est qu'on n'a pas le temps."

On a vu certains patients se dégrader. Une dame qui est devenue complètement déconnectée, confuse. Elle ne savait plus ce qu'elle disait. Elle était agitée.Valérie, aide-soignante au CHU de Saint-Étienneà France Bleu Saint-Étienne Loire

Au CHU de Saint-Étienne, le personnel des urgences est en grève depuis le 5 juin. Près d'une trentaine de lits post-urgences ont été supprimés temporairement au mois de juillet. Un chiffre trop important, selon les syndicats, dans une période estivale où de nombreux médecins traitants sont en vacances. La direction n'a pas répondu aux sollicitations de France Bleu Saint-Étienne Loire concernant cette situation.