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"Panama Papers" : comment les mis en cause bottent en touche

Plusieurs personnalités, dont Michel Platini, ont répondu après les révélations de quelque 11,5 millions de fichiers issus d'un grand cabinet d'avocats du Panama, un paradis fiscal. 

Article rédigé par franceinfo avec AFP et Reuters
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Temps de lecture : 5 min
Le footballeur argentin Lionel Messi le 2 avril 2016, lors d'un match disputé avec son club du FC Barcelone (Espagne). (LLUIS GENE / AFP)

Au lendemain des révélations sur les "Panama Papers", des personnalités politiques ou du monde du sport réagissent, lundi 4 avril, après avoir été mises en cause dans cette affaire hors-norme. Alors qu'environ un millier de Français apparaissent dans les listings qui ont fuité, francetv info revient sur les réactions de défense les plus marquantes.

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Michel Platini : "L'intégralité des comptes et avoirs sont connus de l'administration fiscale suisse"

Quelles accusations ? L'ancien patron de l'UEFA serait passé par le cabinet Mossack Fonseca, en 2007, l'année où il a été désigné président de l'instance dirigeante du football européen, pour administrer une société au Panama.

Ce qu'il répond. "Suite aux informations diffusées dans le cadre de l'enquête dite des 'Panama Papers', Michel Platini tient à faire savoir, comme il l'a indiqué à maintes reprises aux journalistes en charge de cette enquête, que l'intégralité de ses comptes et avoirs sont connus de l'administration fiscale suisse, pays dont il est résident fiscal depuis 2007", a fait savoir le service de communication de l'ancien footballeur français.

Lionel Messi : "Ma société au Panama n'a jamais eu de fonds"

Quelles accusations ? L'Argentin, une des plus grandes stars du monde du football, apparaît dans les "Panama Papers" en tant que copropriétaire, avec son père, d'une compagnie basée au Panama : Mega Star Enterprises. Ce nom apparaît pour la première fois dans les fichiers de Mossack Fonseca le 13 juin 2013, soit le lendemain du lancement par le pôle financier du parquet de Barcelone d'une procédure pour fraude fiscale à l'encontre du quintuple Ballon d'Or.

Ce qu'il répond. Alors que sa famille dénonce "des accusations fausses et diffamatoires" dans La Capital (en espagnol), ses avocats affirment que la société Mega Star Enterprises est "une société totalement inactive, qui n'a jamais eu de fonds ou de comptes courants ouverts".

Le Kremlin : "Rien de concret ou de nouveau sur Poutine"

Quelles accusations ? D'après les révélations, des proches du président russe, Vladimir Poutine, aidés par des banques et d'autres entreprises, seraient impliqués dans un détournement de quelque 2 milliards de dollars en utilisant des sociétés écrans. Ils ont obtenu ainsi de l'influence auprès des médias et de l'industrie automobile.

Ce qu'il répond. "Il n'y a rien de concret ou de nouveau sur Poutine, il n'y a pas de détails, et tout le reste se base sur des spéculations", a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin. Celui-ci a également accusé le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) d'avoir lancé une "campagne d'informations" mensongères dont la cible principale est Vladimir Poutine. Et d'ajouter : "Nous connaissons bien cette soi-disant communauté journalistique. Il y a parmi eux de nombreux journalistes dont le journalisme n'est pas l'activité principale. Beaucoup sont d'anciens employés du département d'Etat, de la CIA, d'autres services secrets."

Le Premier ministre islandais : "On rend suspect quelque chose qui ne l'est pas"

Quelles accusations ? Le Premier ministre islandais, Sigmundur David Gunnlaugsson, et sa femme ont utilisé une société offshore, Wintris Inc. Objectif : occulter des millions de dollars d'investissements dans les trois principales banques du pays lors de la crise financière. Concrètement, il a possédé avec sa femme une société dans les îles Vierges britanniques, jusqu'à lui céder ses parts fin 2009 pour un dollar symbolique. Quand il a été élu député pour la première fois, en avril 2009, il a omis cette participation dans sa déclaration de patrimoine.

Ce qu'il répond. Sigmundur David Gunnlaugsson nie toute malversation à l'étranger, et sa femme est en règle avec le fisc islandais. "Elle n'a jamais utilisé de paradis fiscal, et on ne peut pas dire non plus que sa société est une société offshore dans le sens où elle paierait des impôts à l'étranger plutôt qu'en Islande", a-t-il expliqué. "On rend suspect quelque chose qui ne l'est pas", s'est-il agacé lors d'un entretien avec la télévision suédoise SVT, avant de quitter le plateau.

Le gouvernement chinois organise le silence

Quelles accusations ? Des proches de très hauts dirigeants chinois, dont le président Xi Jinping, ont possédé dans des paradis fiscaux des sociétés écrans pour dissimuler leur fortune. De quoi entretenir le doute sur les efforts anticorruption de Pékin. Dans le détail, au moins huit membres, anciens ou actuels, du tout-puissant comité permanent du Bureau politique du Parti communiste chinois (PCC) ont été identifiés.

Ce qu'il répond. Rien. Si des médias chinois évoquent lundi les révélations des "Panama Papers" visant des responsables étrangers, ils gardent un silence obstiné sur les personnalités chinoises incriminées. Le site de l'ICIJ reste bloqué en Chine, mais le sujet est étroitement surveillé sur la plateforme de microblogging Weibo : "Ma confiance dans le socialisme s'est brutalement effondrée", a ironisé un internaute, dans un message rapidement supprimé.

Le gouvernement pakistanais : "Tout être humain a le droit de faire ce qu'il veut de ses biens"

Quelles accusations ? Ce n'est pas le gouvernement qui est directement pointé du doigt, mais plusieurs membres de la famille du Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, parmi lesquelles sa fille Mariam et son fils Hussein.

Ce qu'il répond. Le ministre pakistanais de l'Information, Pervez Rasheed, a démenti toute infraction. "Tout être humain a le droit de faire ce qu'il veut de ses biens : les jeter à la mer, les vendre ou créer un trust. Il n'y a aucun délit à cela dans le droit pakistanais comme dans le droit international", a-t-il dit.

Le président ukrainien Porochenko affirme respecter la loi à la lettre

Quelles accusations ? En août 2014, alors que l'Ukraine est en pleine guerre civile, une nouvelle entité offshore, Prime Asset Partners Limited, a été enregistrée aux îles Vierges britanniques le 21 août 2014, avec pour seul actionnaire mentionné le président ukrainien Petro Porochenko. Son objectif était de mettre à l'abri les avoirs du groupe de confiserie dont il est propriétaire. Pourtant, le dirigeant a promis de vendre ses actifs lors de son élection en mai 2014 et n'a pas déclaré l'existence de cette société offshore dans sa déclaration de revenus.

Ce qu'il répond. Quelques heures après la révélation du scandale, Petro Porochenko a affirmé respecter la loi à la lettre. "Je pense qu'il est possible que je sois le premier responsable officiel de très haut rang en Ukraine qui gère de manière très sérieuse la déclaration de ses actifs, le paiement de ses impôts et les problèmes de conflit d'intérêts, et ce dans le respect total du droit privé ukrainien et international", a-t-il écrit sur sa page Facebook. Une affirmation confortée par  le parquet général ukrainien, qui a indiqué ne pas voir de délit dans les informations des "Panama Papers".

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