Islande : le Parti pirate favori des élections législatives

Après le scandale des Panama Papers, l'Islande organise samedi ses élections législatives anticipées. Le Parti pirate concurrence le Parti de l'indépendance, principal mouvement de droite du pays, dans les intentions de vote. 

L\'entrée du quartier général du Parti Pirate à Reykjavik, Islande, le 19 septembre 2016.
L'entrée du quartier général du Parti Pirate à Reykjavik, Islande, le 19 septembre 2016. (IK LIM / REUTERS)

Les Islandais sont appelés aux urnes samedi 29 octobre pour les élections législatives. Des élections anticipées, conséquences du scandale des Panama Papers et de la démission du président islandais le 5 avril dernier. Depuis le début de la campagne, le Parti pirate crée la surprise. En avril, le parti enregistrait plus de 40% d'intentions de vote. Si les pirates sont descendus à 20% ces derniers jours, ils concurrencent toujours le Parti de l'indépendance, le principal mouvement de droite du pays.

Un parti aux allures de start-up

Plus petit parti au Parlement islandais à l'heure actuelle, les "Pirates" ont dû s'adapter pour faire campagne. Les candidats sont notamment allés à la rencontre des électeurs sur les marchés, une habitude peu ancrée chez les politiques islandais, contrairement à la France.

"Nous ne pouvions pas nous payer un local en centre-ville. Donc, nous sommes venus là pour nous rendre accessible. C'est un lieu tellement vivant, on peut rencontrer des gens de différents horizons, chose qu'on ne pouvait pas faire dans un local de campagne, explique, sourire aux lèvres, Birgitta Jónsdóttir, la fondatrice du Parti pirate, au milieu du marché aux puces de Reykjavik. Nous sommes ici pour vendre une idéologie du changement. Le prix à payer pour cela, c'est l'émancipation politique. On essaye de faire comprendre aux gens qu'ils n'ont même pas besoin d'être militants 'pirates' pour mettre leur bon sens à contribution." 

"Réalisons quelque chose d'incroyable ! L'atmosphère au Parti pirate est indescriptible !" 

La volonté de faire de la politique autrement se ressent jusque dans le local de campagne situé près des docks, au bout de la péninsule de Reykjavik. Chaque après-midi, depuis des mois, les candidats accueillent les habitants dans des bureaux aux allures de start-up, afin de discuter des principales orientations du parti. "C'est ici qu'opère la magie de la démocratie (...) C'est là que nous prenons la plupart des décisions. Tous ceux qui viennent peuvent voter", raconte Þórólfur Júlían Dagsson, troisième candidat sur la liste du Parti pirate dans le sud du pays.

Même si vous êtes d'un autre parti politique, vous pouvez participer et accéder à notre système interne de votationÞórólfur Júlían Dagsson

Comme cet ancien pêcheur, la plupart des candidats "pirates" n'ont aucune expérience politique. Une particularité qui a séduit Vigdis, 34 ans : "À l'heure actuelle, ils représentent la meilleure option. En Islande, la droite est restée trop longtemps au pouvoir et leur politique ne bénéficie pas à l'ensemble de la société. C'est l'heure du changement." 

Ni de droite, ni de gauche, les "pirates" défendent avant tout la transparence politique et la liberté d'information. En cas de victoire, ils promettent également de faire adopter la constitution citoyenne de 2010, que 25 citoyens islandais avaient rédigée. 

Il s'agit de savoir comment rendre notre société meilleure en donnant aux citoyens un accès total à l'information pour pouvoir agirSmári McCarthykancien de Wikileaks et co-fondateur du Parti pirate

Les résultats définitifs seront connus dimanche 30 octobre. À Reykjavik, les premiers électeurs ont déjà commencé à voter, certains bureaux de vote ayant déjà ouvert de manière anticipée.