Fitch Ratings dégrade vendredi la note de l'Espagne de deux crans à AA- contre AA+ auparavant.

L'agence d'évaluation financière Fitch Ratings a abaissé vendredi de deux crans la note à long terme de l'Espagne, alors que la crise en zone euro s'intensifie.

L\'agence Fitch Ratings de Paris.
L'agence Fitch Ratings de Paris. (MIGUEL MEDINA / AFP)

L'agence d'évaluation financière Fitch Ratings a abaissé vendredi de deux crans la note à long terme de l'Espagne, alors que la crise en zone euro s'intensifie.

La note de l'Espagne s'établit désormais à "AA-", contre "AA+" auparavant, ce qui la place dans la 4e note la plus élevée, sur vingt possibles.

Encore plus inquiétant, elle est assortie d'une perspective "négative", qui implique que l'agence pourrait à nouveau l'abaisser à moyen terme. En plus de cette annonce, l'agence Moody's devrait se prononcer d'ici fin octobre sur une nouvelle dégradation de la note, de Aa2 à Aa3.

Fitch justifie cette décision et évoque "l'intensification de la crise en zone euro." L'état espagnol a besoin de moyens importants concernant son financement, pour couvrir ses dépenses budgétaires et sa dette nette externe qui est "l'une des plus élevées au monde" (91% du PIB) rappelle l'agence Fitch.

Mais il y existe aussi des facteurs internes au pays : "les risques pour la consolidation budgétaire du fait des performances de certaines régions" et "la révision à la baisse des perspectives de croissance de l'Espagne à moyen terme". Les finances des 17 régions espagnoles sont une source récurrente d'inquiétudes pour les marchés, en raison de leur lourd endettement, qui représentait fin juin 133,172 milliards d'euros, soit 12,4% du PIB du pays, un record historique.
Le 14 septembre, Fitch avait déjà abaissé la note de cinq régions espagnoles, dont la puissante Catalogne, en pointant du doigt "la forte augmentation de leur endettement". Même dans sa globalité, le pays peine à retrouver une croissance epuis la crise et l'éclatement de sa bulle immobilière.

Au delà de ce constat morose, Fitch se montre tout de même optimiste sur le long terme, c'est à dire après 2015. L'agence prévoit "un rythme de croissance potentiel au-dessus de la moyenne de la zone euro". Si la crise s'intensifie en zone euro, sa perspective pourrait retomber dans le négatif.