Fausses tomates "Cœur de bœuf" : imposture au rayon frais

Elles en ont la forme, mais pas le goût ! Quand vous croyez acheter des "Cœur de bœuf" en grande surface, vous achetez très souvent des tomates hybrides, révèle l'association de consommateurs CLCV.

(Des sosies hybrides et sans goût des coeur de boeuf envahissent les étals © MAXPPP)

La tomate "Coeur de boeuf" est une variété ancienne, d'origine italienne nommée "Cuor di bue". Comme son nom l'indique, c'est une tomate rondelette, côtelée, en forme de coeur. Mais  l'association de défense des consommateurs CLCV a mené son enquête annuelle sur les légumes et fruits d'été, conduite dans plusieurs enseignes (Aldi, Auchan, Carrefour, Casino, Cora, Dia, Leclerc ou encore Lidl), auprès de 9.000 consommateurs.

Chair farineuse et goût fadasse 

Verdict : les tomates que vous mettez dans votre caddie sont souvent des sosies industriels : de fausses "Coeur de boeuf", issues du croisement de plusieurs variétés. Des tomates hybrides, qui se font passer pour de vraies "Coeur de boeuf". Gustativement, le résultat n'est pas brillant  : peau épaisse, chair farineuse, goût fadasse... le tout pour un coût 30% plus cher que les tomates classiques.  

 

"Quand on coupe une fausse coeur de boeuf... pas de jus du tout !"- reportage d'Anne Lamotte sur un marché parisien
--'--
--'--

"Tomates de type Coeur de boeuf" 

En fait, les grandes surfaces jouent sur l’ambiguïté au niveau de l'étiquetage. L'indication du type commercial de la tomate est obligatoire (côtelée, ronde, allongée ou cerise), mais  la variété reste facultative.  D'après CLCV, de nombreux opérateurs entretiennent la confusion entre "côtelée " et "Coeur de boeuf ", et des tomates qui n'en sont absolument pas se retrouvent avec des mentions du type "tomates de type Coeur de boeuf ", "tomates groupe Coeur de boeuf ". 

Pour l'association, ces mentions induisent les consommateurs en erreur et ne leur offrent pas une vraie information.

Elle réclame donc un travail de clarification de l'offre, et que "les contrôles programmés [par la Direction Générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes] dans le cadre de l'enquête annuelle sur les fruits et légumes à normes spécifiques soient particulièrement axés sur le secteur des tomates ", avec des résultats et d'éventuelles sanctions rendus publics. 

Les prix en hausse, le goût en berne 

Toutes variétés confondues, d'après l'association, le prix des tomates a augmenté de près de 8% par rapport à 2014, mais seulement 38% de consommateurs sont satisfaits du goût. 

En moyenne, le prix moyen au kilo des tomates côtelées s'élève à 3,2 euros/kg. Le prix moyen, toutes variétés de tomates confondues, est de 2,6 euros/kg.