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Eva Joly lance sa campagne officielle avec un discours mordant

Très applaudie, la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle a lancé officiellement sa campagne samedi par un discours musclé dans lequel elle n'a épargné ni le PS ni le gouvernement, tout en promettant plus de justice sociale.
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Eva Joly, lance sa campagne le 20 août 2011 à Clermont Ferrand. (AFP - Thierry Zoccolan)

Très applaudie, la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle a lancé officiellement sa campagne samedi par un discours musclé dans lequel elle n'a épargné ni le PS ni le gouvernement, tout en promettant plus de justice sociale.

Pour son premier meeting de candidate devant 1.600 militants EELV écrasés de chaleur dans un gymnase de Clermont-Ferrand où se sont déroulées les Journées d'été du parti, elle a surtout développé des thèmes économiques et sociaux.

Eva Joly a dénoncé la politique du gouvernement, jugeant notamment que la "règle d'or" était "inefficace économiquement et absurde politiquement". "La France n'a pas besoin d'une union sacrée, elle a besoin de solutions nouvelles", a-t-elle souligné à l'adresse de François Fillon. A ce dernier, qui avait paru mettre en cause l'authenticité de son lien avec la France, elle a répondu très fermement.

"Je suis Française par choix, par amour pour la France. Je ne suis jamais descendue dans les palais d'un dictateur. Je n'ai jamais confondu l'argent public et l'argent privé", a-t-elle ajouté, évoquant sans le citer le séjour, fin 2010, de François Fillon en Egypte à l'invitation d'Hosni Moubarak.

Dénonçant "les affaires Woerth-Bettencourt", "Lagarde-Tapie", et aujourd'hui "l'affaire d'Etat" Takieddine, le millionnaire franco-libanais, "ami intime du clan Sarkozy", qui "a reçu de Total 9,8 millions de dollars, avec la bénédiction de l'Elysée", l'ancienne juge d'instruction a promis de lutter contre la corruption.

"Désarmer les marchés financiers"
Côté économie, l'ex-juge du pôle financier a souhaité "désarmer les marchés financiers", plaidant pour une "agence de notation publique européenne" et un "audit de la dette des pays européens". Elle a aussi proposé d'interdire certains produits financiers comme une partie des CDS (Credit default swaps) et certaines techniques de spéculation comme les "ventes à découvert". Avec elle, "les traders et les banquiers ne feront plus la loi", a-t-elle promis. Elle a également confirmé qu'elle entend augmenter la pression fiscale sur les plus riches.

Côté écologie, elle a prôné une "transition énergétique pour sortir de l'économie carbone et du nucléaire en 20 ans", afin d'arriver à une "économie qui permette de travailler mieux, moins et tous", une "économie économe, responsable et régulée, tournée vers le long terme". Pour l'eurodéputée, "il n'y aura pas d'écologistes dans un gouvernement qui ne s'engagerait pas sur la sortie du nucléaire".

En conclusion, elle a lancé un appel à Nicolas Hulot, grand absent, sous les "Nicolas avec nous!" de la salle : "nous avons besoin de toi, de ton talent et de tes connaissances!".

Face à la droite, "le temps de l'alternance est venu" en 2012, a-t-elle assuré. Mais elle prévenu toutefois qu'elle n'était "pas candidate au ratissage des voix écologistes pour le compte du Parti socialiste". Elle a accusé le PS de s'être "trop souvent comporté de manière hégémonique voire méprisante par rapport à nos demandes légitimes", et d'avoir "trop souvent renié ses engagements". Les militants l'ont alors acclamée debout criant des "Eva! Eva!".

"Ensemble nous allons remettre les marchés à leur place, remettre l'écologie au centre de l'économie et remettre la démocratie au pouvoir", a conclu Eva Joly, avant un "Vive l'écologie, vive l'Europe, vive la République, vive la France!"

Extraits du discours d'Eva Joly:

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