Entretien avec le libéral et ex-sarkozyste Arnaud Dassier qui rejoint François Bayrou

Arnaud Dassier, qui fut un des responsables de la webcampagne de Nicolas Sarkozy en 2007, annonce qu'il rejoint François Bayrou. L'ex-militant UMP, qui n'a pas été investi par le parti présidentiel aux législatives, appelle à "renverser l'oligopole".

Arnaud Dassier
Arnaud Dassier (Arnaud Dassier)

Arnaud Dassier, qui fut un des responsables de la webcampagne de Nicolas Sarkozy en 2007, annonce qu'il rejoint François Bayrou. L'ex-militant UMP, qui n'a pas été investi par le parti présidentiel aux législatives, appelle à "renverser l'oligopole".

En ce jour de l'Epiphanie vendredi 6 janvier, Arnaud Dassier, un des anciens responsables de la campagne de Nicolas Sarkozy sur la Toile en 2007, annonce à Marianne avoir "eu une révélation" en regardant sur France 2 "le candidat du MoDem à la présidentielle" : "Je me suis dit : Bayrou, c'est la meilleure solution pour atteindre un bon nombre d'objectifs politiques indispensables pour entamer le redressement du pays".

Cet ancien militant UMP, actionnaire minoritaire du site d'information Atlantico, appelle désormais la génération X - celle des actifs - "à renverser la table, l'oligopole" et "à prendre le pouvoir". Entretien.

Vous êtes libéral ou libertarien ?

Je ne me suis jamais revendiqué libertarien. On m'a traité de libertarien parce que j'ai relayé des tweets du candidat à la primaire républicaine Ron Paul. Libéral, libertarien, je n'ai jamais compris la différence. La tradition libertarienne n'existe pas en France, elle n'appartient pas à la scène politique française.

Vous rejoignez François Bayrou ou le MoDem ?

Je ne rejoins pas le MoDem. Je rejoins François Bayrou, comme d'autres l'ont fait : Alain Lambert, des militants ou des élus du Nouveau Centre, de l'UMP, des écologistes. Je rejoins une majorité présidentielle.

J'ai constaté que les jeunes libéraux, ceux de ma génération, la génération X (née dans les années 1960 et 1970), celle qui se sert d'Internet n'ont pas rejoint l'UMP. Ils ont été plus lucides que je ne l'ai été.

Un certain nombre d'entre eux vont rejoindre Bayrou, ce n'est pas une démarche complètement individualiste.

Vous qui vous revendiquez libéral, pourquoi rejoignez-vous un candidat centriste ?

On vit dans un système complètement injuste. La classe moyenne et les PME sont massacrées par un système qui fonctionne pour les plus grandes entreprises, celles qui paient à peine 9% d'impôts, ou pour les grosses fortunes, qui peuvent s'exiler en Suisse ou en Belgique – tant mieux pour elles.

Mais il y a une fracture avec la France active des 20 à 50 ans qui supporte la quasi-totalité du poids fiscal, pendant que les inactifs sont tenus à bout de bras par les prestations sociales.

Les dindons de la farce doivent reprendre leur destin en main face à une classe politique professionnelle issue en majorité de la fonction publique, âgée de plus de 60 ans et aux commandes depuis 30 ans. C'est cette classe politique qui est responsable de la crise et de la dette.

Il faut que cette génération se révolte comme en 1789, qu'elle accède aux responsabilités. La première chose à faire est de renverser la table, de renverser cet oligopole de quelques centaines de personnes se cooptant entre elles.

On y travaille avec Galaxie Libérale (NDLR : "qui veut lancer le grand coming out libéral en France"). On va essayer de le faire au sein de la majorité présidentielle de François Bayrou, avec un pôle libéral fort.