VIDEO. Kerviel, soutenu par Mélenchon, perd un nouveau round judiciaire

Après une accolade avec le coprésident du Parti de gauche, l'ancien trader s'est vu refuser sa demande d'expertise devant les prud'hommes.

Reuters

Le conseil de prud'hommes ont rejeté, jeudi 4 juillet, la demande d'expertise formulée par Jérôme Kerviel sur les conditions de la perte subie par la Société générale en 2008. Le fondement de la demande de l'ancien trader a été considéré comme illégitime. "Je suis dégoûté", a commenté à la sortie de l'audience Jérôme Kerviel, qui "commence vraiment à en avoir marre" de "ce calvaire". La prochaine audience de jugement a été fixée au 24 mars 2014.

Avant l'audience, l'ancien salarié de la banque avait reçu le soutien ostensible du coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, pour qui "il est innocent de ce dont on l'accuse". Les deux hommes s'étaient chaleureusement salués avant d'entamer une discussion, durant laquelle Jérôme Kerviel a remercié le responsable politique pour son soutien. Pour l'ancien candidat à l'élection présidentielle, venu avec plusieurs militants du Parti de gauche, "c'est un cas exemplaire de la façon dont la finance joue avec la vie des gens".

Une plainte pour "faux" contre la Société générale

Déjà jugé au pénal, Jérôme Kerviel a été condamné à cinq ans de prison, dont trois ferme, ainsi qu'à verser 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts à son ancien employeur. Le jugement de première instance, rendu en octobre 2010, a été confirmé en appel, en octobre 2012. L'ancien trader s'est pourvu en cassation. Il a été laissé libre dans l'attente de l'examen de ce pourvoi, qui pourrait avoir lieu à l'automne.

Outre l'action aux prud'hommes et le pourvoi en cassation, la défense de Jérôme Kerviel a ouvert, mi-juin, un troisième front judiciaire en déposant plainte pour "faux et usage de faux" contre la Société générale. Cette action est liée aux enregistrements réalisés lors des entretiens entre l'ancien trader et sa hiérarchie, immédiatement après la découverte de la situation.

Jean-Luc Mélenchon (G) et Jérôme Kerviel à sa sortie de l\'audience devant le conseil de prud\'hommes, le 4 juillet 2013 à Paris.
Jean-Luc Mélenchon (G) et Jérôme Kerviel à sa sortie de l'audience devant le conseil de prud'hommes, le 4 juillet 2013 à Paris. (MAXPPP)