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Petroplus : après l'annonce de la cessation, les syndicats exigent des garanties

La raffinerie de Petit-Couronne (Seine-Maritime) s'est déclarée mardi en cessation de paiement. Les syndicats français et suisses, qui redoutent des débordements, exigent des garanties.

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La raffinerie Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime), le 20 janvier 2012. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Petroplus Petit-Couronne (Seine-Maritime) s'est déclaré en cessation de paiement mardi 24 janvier, quelques jours après sa mise en vente, la semaine dernière.

Le groupe de raffinage suisse, en graves difficultés financières, a annoncé un peu plus tôt qu'il se préparait à la mise en faillite de la société et de ses filiales à l'étranger. L'entreprise n'a pas réussi à négocier un crédit renouvelable avec ses créanciers.

Plus d'un milliard d'euros de dettes

Le groupe a perdu 319 millions d'euros au cours des neuf premiers mois de son exercice 2011. En réaction, il avait mis à l'arrêt trois de ses cinq raffineries : à Petit-Couronne donc, mais aussi à Anvers (Belgique), et à Cressier (Suisse).

Au total, les dettes du groupe s'élèvent à 1,34 milliard d'euros. L'action Petroplus a été suspendue en Bourse lundi, à la demande de l'entreprise.

En France, "certains salariés sont prêts à faire péter la baraque"

Peu avant d'avoir été reçus, mardi en fin d'après-midi, par le ministre de l'Industrie, Eric Besson, à Bercy, les syndicats de Petroplus en France ont mis en garde contre la colère croissante des salariés : "Si rien ne se passe, si franchement ça commence à être le découragement, certains salariés sont prêts à faire péter la baraque", a déclaré à la presse Yvon Scornet, responsable CGT de Petroplus et porte-parole de l'intersyndicale (CGT, CFE-CGC et CFDT).

"On ne lâchera les stocks [de la raffinerie de Petit-Couronne] que quand on sera sûrs qu'ils ne partiront pas ailleurs", a-t-il ajouté, évaluant leur valeur à 200 millions d'euros. "Ce ne sont pas des menaces", a-t-il souligné, évoquant le "ras-le-bol de collègues qui ont trente ans de raffinerie et sont maintenant jetés dehors".

Avant d'être reçu au ministère, Yvon Scornet a fait valoir qu'il était "de plus en plus urgent de trouver un repreneur".

Les syndicats suisses exigent des garanties sur les salaires

Colère aussi en Suisse, où la raffinerie de Cressier est à l'arrêt depuis la mi-janvier. Le syndicat Unia a "exigé" mardi que les salaires des employés du groupe Petroplus soient "garantis". Il demande que ceux de janvier, qui sont gelés, soient considérés comme des créances prioritaires.

A l'instar du responsable CGT Yvon Scornet à Petit-Couronne, le syndicat suisse envisage également "une mise sous séquestre du pétrole stocké à Cressier, pour couvrir les salaires de janvier et des mois prochains"

Selon un membre des autorités du canton de Neuchâtel, Thierry Grosjean, "il y a des gens intéressés, entre cinq et dix", par la reprise de la raffinerie suisse.

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