"N'attendez pas qu'il soit trop tard" : des professionnels viennent en aide aux PME en difficulté

Des administrateurs judiciaires, des médiateurs sont en lien quotidien avec les patrons de petites et moyennes entreprises pour leur éviter au maximum de mettre la clé sous la porte en cette période de crise liée au Covid-19.

Article rédigé par
Édité par Noémie Bonnin - Isabelle Raymond
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Une devanture d'un restaurant fermé à Paris, en juin 2020 (illustration). (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

Si le Covid-19 n'a pas occasionné de faillites en cascade, pour l'instant en tout cas, c'est en grande partie grâce aux mesures d'aides mises en place par le gouvernement. Mais de nombreux patrons de PME se retrouvent tout de même bien seuls face à de grandes difficultés financières. Ils ne savent souvent pas trop à qui s'adresser, quoi faire, ni comment réagir. Face à cette demande grandissante, de nombreux services, gratuits et anonymes, sont mis sur pied pour les conseiller.

Mikael Bes vient d'en bénéficier. À la tête d'une régie publicitaire parisienne de 20 salariés, ce patron s'est retrouvé il y a quelques mois face à une grosse facture impayée, un problème insoluble. "On avait des difficultés de règlement avec un grand groupe, qui traînait depuis de nombreux mois à nous régler, sans forcément nous donner de raison, raconte l'entrepreneur. On ne nous donnait pas de réponse, ou 'c'est en cours', 'patientez, ça ne va pas tarder'."

"C'était inconcevable de continuer d'attendre, pour un montant qui était significatif pour nous, qui représentait 30 000 euros."

Mikael Bes, entrepreneur

à franceinfo

Le patron saisit alors le médiateur des entreprises. En quelques jours, la facture est honorée. Mikael Bes a même conservé le client récalcitrant. Depuis, il fait régulièrement appel à ce service gratuit et confidentiel de Bercy, saisi à plus de 90% par des patrons de petites et moyennes entreprises.

Ne pas attendre les faillites

Autre service, gratuit lui aussi : un numéro vert (0 800 94 25 64), mis en place par les administrateurs et mandataires judiciaires. "J'ai un restaurant à Paris, complètement fermé depuis le 28 octobre. Tout commence à s'accumuler, ça devient difficile", explique par exemple un restaurateur parisien, au téléphone. L'entrepreneur paye son loyer et son prêt tous les mois malgré une activité réduite à néant. À l'autre bout du fil, c'est Hélène Charpentier qui lui répond. L'administratrice judiciaire lui conseiller de demander une conciliation auprès du tribunal de commerce pour suspendre tous ses payements : "Il ne faut pas arriver au point où on se dit 'le mois prochain, je ne serai plus en mesure de rien payer, ni la portion de salaires, ni les loyers'. Notre message c'est de dire 'n'attendez pas qu'il soit trop tard'."

"Il faut absolument anticiper, pour pouvoir dire 'je suspens et je vois quels sont les efforts à solliciter des uns et des autres', c'est beaucoup plus efficace."

Hélène Charpentier, administratrice judiciaire

à franceinfo

Ne pas attendre la faillite pour s'adresser au tribunal de commerce, c'est le conseil des administrateurs judiciaires. Selon eux, 70% des mesures de conciliation se soldent positivement.

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