Mort de Christophe de Margerie : polémique après les critiques du socialiste Gérard Filoche

Ce membre du bureau national du Parti socialiste est convoqué devant la haute autorité du PS pour ses propos tenus sur Twitter en réaction à la mort du patron de Total. Francetv info revient sur cette polémique en quatre actes.

Gérard Filoche, lors du congrès de Toulouse (Haute-Garonne) du PS, le 27 octobre 2012.
Gérard Filoche, lors du congrès de Toulouse (Haute-Garonne) du PS, le 27 octobre 2012. (ERIC CABANIS / AFP)

La polémique ne s'est pas fait attendre. Gérard Filoche, membre du bureau national du Parti socialiste, est en passe d'être sanctionné par son parti après avoir commenté, sur Twitter, la mort du patron de Total Christophe de Margerie, dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 octobre. Francetv info revient sur cette polémique en quatre temps.

Acte 1 : Filoche évoque un "suceur de sang"

Le socialiste s'est exprimé sur Twitter, mardi matin. "Les grands féodaux sont touchés. Ils sont fragiles. Le successeur nous volera-t-il moins", a-t-il écrit. Et d'ajouter, un peu plus tard : "Un hommage à l'humain ? Oui ! Au suceur de sang ? Non !"

 

Acte 2 : Pour Valls, Filoche ne "mérite pas" d'être au PS

Ces commentaires ont provoqué un tollé à droite comme à gauche. Lors des questions au gouvernement, un député UMP a interpellé le Premier ministre sur ce sujet. Le chef du gouvernement a salué "un ami et un grand chef d'entreprise" au moment d'évoquer la disparition de Christophe de Margerie.

Et le locataire de Matignon de recadrer Gérard Filoche. "Face à un homme qui, quels que soient les désaccords, meurt dans ces conditions tragiques, nous avons des pensées. Il n'y a qu'un seul mot : la dignité. Ceux qui se comportent avec des mots qu'on ne peut prononcer quand un homme disparait ne méritent pas d'être dans la formation politique qui est la mienne", a-t-il déclaré.

Acte 3 : une convocation devant la haute autorité du PS

Peu après, l'entourage du premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a annoncé que Gérard Filoche allait être convoqué devant la Haute autorité du PS. Quatre sanctions sont étudiées par cette instance chargée des questions d'éthique du PS et indépendante de la direction : l'avertissement, le blâme, la suspension et l'exclusion.

C'est le numéro un du Parti socialiste qui est à l'origine de cette convocation, estimant que les propos de Gérard Filoche étaient "inqualifiables et intolérables" et qu'ils mettaient "en cause l'éthique du PS".

Acte 4 : Filoche persiste et signe

"Je ne regrette rien, a réagi Gérard Filoche au micro de RTL, mardi en fin d'après-midi. On est amené à faire un bilan de ce qui s'est passé en Birmanie, au Congo, du programme pétrole contre nourriture, Erika, AZF et il gagnait 1 445 fois le smic en cinq ans. Ce qui me touche le plus, c'est qu'il ne payait pas d'impôts." Et le membre du bureau national du Parti socialiste d'enfoncer le clou. "Vous voulez que je me taise sur Total ? Derrière le pétrole, il y a du sang."