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Vente de voitures neuves : les constructeurs français souffrent plus que les autres

Les immatriculations ont chuté de 7,8% en octobre par rapport à l'année précédente. Les chiffres sont très sévères pour Renault, en baisse de 26,4%.

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France Télévisions
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L'avenir s'assombrit encore pour le marché automobile français, avec un recul de 7,8% des immatriculations en octobre 2012 par rapport à octobre 2011, qui s'explique en partie par la contre-performance de Renault. (MAXIM SHEMETOV / REUTERS)

ECONOMIE - Le marché automobile français poursuit sa descente aux enfers. Les immatriculations de voitures neuves ont baissé en octobre de 7,8% par rapport à octobre 2011, selon les chiffres publiés par le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). Selon le CCFA, 162 411 voitures ont été immatriculées le mois dernier.

Pour l'ensemble de l'année, le CCFA s'en tient toujours à sa prévision d'une baisse de 12%, présentée le mois dernier, mais "nous espérons qu'[elle] ne soit pas trop optimiste", prévient le CCFA. Les constructeurs français continuent à souffrir plus que leurs concurrents. Parmi les gagnants : l'Allemand Volkswagen et le Japonais Toyota. Etat des lieux d'un marché qui souffre. 

Renault plombe les chiffres, PSA limite la casse

Ces mauvais chiffres d'octobre s'expliquent en partie par la contre-performance de Renault. Le groupe a vu ses immatriculations chuter de 26,4% en octobre, avec une dégringolade de 27,2% pour la marque au losange – qui ne bénéficie pas encore du soutien de la nouvelle Clio 4, présentée au Mondial et qui "est en train de monter en cadence" – et une baisse de 22,6% pour sa marque low cost Dacia

Cette mauvaise performance s'explique par la conjonction de trois facteurs, selon Renault : la chute globale du marché, le renouvellement de la gamme et un effet de comparaison défavorable "qui se poursuivra encore en novembre". Le deuxième constructeur français a connu au printemps 2011 des problèmes d'approvisionnement sur un moteur diesel puis un effet de rattrapage avec un niveau très élevé de ventes à l'automne suivant.

Le groupe PSA a de son côté enregistré une baisse limitée à 5% en octobre en données brutes, avec un recul de 5,1% pour Peugeot et de 4,9% pour Citroën.

Globalement, la plupart des marques généralistes restent à la peine. Les ventes de Ford ont reculé de 10,2% le mois dernier, celles de Fiat de 8% et celles de la marque Opel, filiale européenne de General Motors, de 9,1%.

Volkswagen et Toyota tirent leur épingle du jeu

En revanche, le groupe Volkswagen continue d'enregistrer de bons chiffres (+3,4% pour la marque et +14,8% pour Audi), tout comme le Sud-Coréen Hyundai-Kia (+20,8%), qui fait une percée remarquée sur le marché français, notamment sous sa deuxième marque Kia. Cette progression inquiète le gouvernement français, qui avait demandé la mise sous surveillance des importations de véhicules en provenance de Corée du Sud. Cette demande a été rejetée fin octobre par la Commission européenne.

Toyota, donc la petite Yaris est fabriquée à Valenciennes (Nord), affiche quant à lui une progression de 19,4% de ses ventes, tandis que Nissan, partenaire de Renault, affiche un léger recul (-2,9%) en dépit du succès cette année de ses crossovers Qashqai et Juke

Quelles perspectives pour ce marché morose ?

Ce recul, de -13,3% sur les dix premiers mois de l'année, vient confirmer le pronostic livré par plusieurs constructeurs automobiles au Mondial de l'auto, fin septembre. Ceux-ci avaient dit observer une dégradation de la demande en France et en Europe depuis l'été, avec à la clé une détérioration des perspectives de marché au quatrième trimestre. La variation en données corrigées des jours ouvrables est encore plus prononcée (-15,8% en octobre), le mois dernier ayant compté en effet 23 jours ouvrables, contre seulement 21 pour octobre 2011. 

Plusieurs constructeurs ont ainsi décidé d'arrêter temporairement la production de leurs usines françaises pour éviter un coûteux gonflement de leurs stocks. "C'est un marché qui se dégrade. On espère que l'arrivée de la Clio 4 va stimuler la fin de l'année, avec la compétition avec la [Peugeot] 208, qui sont toujours les gros volumes du marché français", commente le CCFA. 

Particulièrement plombé, Renault souligne que la Clio 4 a enregistré plus de 18 000 commandes depuis son lancement mi-septembre. "Au global, nous avons réalisé un bon mois d'octobre en commandes, supérieur à l'année dernière, ce qui nous permet de faire progresser notre portefeuille", précise le constructeur. La Bourse a préféré retenir le verre à moitié plein pour Renault, dont le titre affichait vendredi midi l'une des plus fortes hausses du CAC 40 (+1,45%), les investisseurs tablant sur les restructurations en cours et le lancement de la nouvelle Clio pour conjurer la chute des ventes.

Quelle est la situation chez nos voisins ?

La situation est contrastée dans les pays européens. Les immatriculations ont décroché de 21,7% en octobre en Espagne et de 11,9% sur dix mois, alors que 2011 avait déjà vu les immatriculations tomber au plus bas depuis 1993. Le secteur compte à présent sur un nouveau programme d'aide gouvernemental pour soutenir les ventes. En Allemagne, les immatriculations ont grappillé 1% le mois dernier, mais ont reculé de 2% entre janvier et octobre.

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