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Le groupe laitier Lactalis soupçonné de fraude

D'après "Le Canard enchaîné" à paraître mercredi, il aurait vendu comme frais du lait chauffé à très haute température.

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France Télévisions
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Un rayon de bouteilles de lait dans un supermarché de Sénart (Seine-et-Marne), le 27 août 2002. (DANIEL JANIN / AFP)

Le groupe Lactalis aurait vendu, en Bretagne, du lait chauffé à très haute température comme du lait frais, affirme Le Canard enchaîné à paraître mercredi 19 décembre. Le géant du lait "a fait passer des millions de litres de lait stérilisé pour du bon lait frais pasteurisé" qui peut se vendre "jusqu'à deux fois plus cher", assure l'hebdomadaire satirique. D'après Le Canard enchaînéle lait concerné "a subi un chauffage à 130°C pendant deux secondes", comme pour le lait longue conservation.

"Le pot aux roses, poursuit-il, a été découvert en juin 2010 lors d'un contrôle de la laiterie de L'Hermitage [Ille-et-Vilaine] par les inspecteurs de la répression des fraudes" qui ont fait un rapport. Mais le parquet de Rennes n'a pas donné suite à leur enquête, poursuit le journal.

"Ce qui est en cause, c'est le flou de l'appellation des laits"

Selon un expert, qui s'est exprimé sous couvert d'anonymat, l'affaire est bien réelle mais ne relève pas de la fraude : le lait "n'a jamais été étiqueté 'lait frais'", dit-il. "C'est une histoire compliquée de définition technique des différents laits : on n'a pas le droit de parler d'un lait 'stérilisé', même quand il a été porté à 130°, s'il n'a pas été conditionné dans des conditions de parfaite stérilisation, explique cet expert. Si le parquet n'a pas donné suite, c'est justement parce qu'il y a un vide réglementaire. Mais il n'y a pas eu d'infraction. Ce qui est en cause, c'est le flou de l'appellation des laits à haute pasteurisation."

Toujours selon cet expert, ce lait a été vendu "localement en Bretagne depuis les années 80 à une clientèle qui en était friande". L'expert n'a pas été en mesure d'indiquer si sa vente se poursuivait.

Contacté par l'AFP mardi soir, le groupe Lactalis n'a pas souhaité commenter la teneur de l'article du Canard enchaîné. La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes n'était pas non plus joignable.

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