La Commission européenne veut sanctionner neuf groupes pharmaceutiques pour des accords anticoncurrentiels

Les laboratoires Lundbeck, Merck et sept autres, sont accusés d'avoir payé pour retarder l'entrée de médicaments génériques sur le marché.

Un comprimé de citalopram, antidépresseur qui a fait l\'objet d\'accords entre des laboratoires afin de retarder la sortie de ses génériques.
Un comprimé de citalopram, antidépresseur qui a fait l'objet d'accords entre des laboratoires afin de retarder la sortie de ses génériques. (CHRIS GALLAGHER / GETTY IMAGES)

Bruxelles va infliger des amendes au laboratoire pharmaceutique danois Lundbeck, à l'allemand Merck et à sept autres acteurs du marché, selon deux sources proches du dossier citées par l'agence Reuters, lundi 3 juin. La Commission européenne leur reproche d'avoir tenté, grâce à des accords financiers, d'empêcher l'entrée de médicaments génériques sur le marché européen, notamment ceux contenant du citalopram, un antidépresseur.

La mise en vente d'antidépresseurs génériques aurait ainsi été retardée d'au moins deux ans, note l'avertissement envoyé par Bruxelles au groupe Lundbeck, en 2012. Ce qui aurait conduit à des surcoûts de 20% pour les consommateurs, selon un rapport de la Commission. "L'amende de Lundbeck devrait être importante, elle le sera moins pour les autres", précise l'une de ces sources, qui a requis l'anonymat en raison du caractère sensible du dossier.

Des pénalités jusqu'à 10% du chiffre d'affaires des labos

Les autres sociétés visées sont Generics UK, Arrow, Resolution Chemicals, Xellia Pharmaceuticals, Alpharma, A.L. Industrier et Ranbaxy, le numéro un indien du secteur. Le montant des amendes n'est pas encore connu, mais elles pourraient atteindre 10% du chiffre d'affaires annuel mondial des groupes concernés. Ce sont les premières sanctions financières infligées à des laboratoires pharmaceutiques par la Commission européenne depuis le lancement, en 2009, d'une enquête sur les accords dits de "pay-for-delay", ces arrangements financiers, conclus entre le fabricant d'un médicament et le producteur du générique de la même molécule pour que son arrivée sur le marché européen soit retardée.

Le groupe pharmaceutique français Sanofi avait été condamné à 40 millions d'euros d'amende par l'Autorité de la concurrence française, en mai, pour avoir dénigré des concurrents génériques de son médicament-phare, Plavix.