GDF Suez : l'Etat valide finalement la retraite chapeau de Gérard Mestrallet

Malgré les critiques du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, le PDG de GDF Suez touchera bien 831 641 euros par an au titre de sa retraite complémentaire quand il quittera son poste. 

Gérard Mestrallet, président de GDF Suez, à Paris, le 7 mai 2014.
Gérard Mestrallet, président de GDF Suez, à Paris, le 7 mai 2014. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Fin de non recevoir, après la vive polémique sur ce dossier. Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a indiqué, lundi 10 novembre, que l'Etat validerait la retraite chapeau de Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez. "Le Haut comité de gouvernement d’entreprises a rendu son rapport. Celui-ci indique que la retraite complémentaire de M. Mestrallet est conforme au code Afep-Medef, a-t-il expliqué, selon Le Monde.fr. Nous considérons donc qu’elle est acquise, même si le gouvernement désapprouve ce type de rémunération."

Gérard Mestrallet touchera, après son départ de la présidence de GDF Suez, prévu au printemps 2016, 831 641 euros par an au titre de sa retraite complémentaire, soit 28% de sa rémunération de référence. Selon Le Canard enchaîné, qui a révélé l'affaire à la fin octobre, le groupe a provisionné environ 21 millions d’euros pour payer ce bonus à son PDG. Scandalisée, la CGT avait demandé à l'Etat de peser dans le dossier, la puissance publique détenant 33% du capital du groupe et 4 administrateurs sur 17 au sein de son conseil d'administration. 

"L’Etat ne doit pas revenir sur son vote"

Le syndicat avait reçu un écho positif de la part d'Emmanuel Macron, qui avait déclaré : "Le niveau prévu pour la retraite [de M. Mestrallet] choque, je le comprends". Il avait demandé au patron "d'en tirer toutes les conclusions", sans plus de commentaires.

La retraite chapeau de Gérard Mestrallet a été votée en septembre 2011 avec le soutien du gouvernement Fillon, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Le ministre de l'Economie justifie sa nouvelle position : "L’Etat ne doit pas revenir sur son vote et sa parole. Ce serait un nouveau facteur d’instabilité." Il y a un an, pourtant, Philippe Varin, alors patron de PSA Peugeot-Citroën, avait  renoncé à une retraite chapeau estimée à 21 millions d’euros, sous la pression de l’EtatEmmanuel Macron a toutefois précisé que "l’Etat votera contre ce type de résolution à l’avenir."