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Nicolas Sarkozy salue le succès du Rafale

New Delhi va commander 126 avions de chasse à Dassault, donnant à l'appareil français son premier succès à l'exportation. En décembre, le ministre de la Défense avait annoncé que la production du Rafale s'arrêterait s'il ne remportait aucun contrat à l'étranger.

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Un Rafale atterrit sur le porte-avions "Charles-de-Gaulle" le 20 avril 2011 en Méditerranée, dans le cadre de l'opération militaire en Libye. (ALEXANDER KLEIN / AFP)

Les félicitations personnelles de Nicolas Sarkozy, une action qui bondit de 20 % à la Bourse de Paris, une nouvelle saluée par le ministre de la Défense : le groupe Dassault a connu son heure de gloire mardi 31 janvier, en remportant un marché estimé à 12 milliards de dollars (9,11 milliards d'euros). L'Inde, qui cherche à moderniser son armée, va lui acheter 126 avions de chasse. 

L'avionneur a vendu ses premiers avions de combat Ouragan à l'Inde en 1953 et plus d'un demi-siècle plus tard, c'est ce pays qui relance le constructeur français avec une énorme commande de Rafale. L'accord commercial stipule que New Delhi se fera livrer directement 18 avions en 2012, tandis que les 108 autres seront construits sur le sol indien. Le contrat doit encore être finalisé, mais si elle se concrétisait, cette livraison constituerait le premier succès à l'export pour cet avion de chasse.

Nicolas Sarkozy : "Trente ans qu'on attendait ce jour"

"126 Rafale en dernière phase" de sélection en Inde, "ça va bien au-delà de la société qui les fabrique, bien au-delà de l'aéronautique, c'est un signal de confiance pour toute l'économie française", a affirmé Nicolas Sarkozy. Il a spécialement repris la parole pour aborder ce sujet, juste après son discours de vœux à la presse.

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Le chef de l'Etat s'est aussi félicité que la France ait remporté la mise sur "des marchés extraordinairement concurrentiels. Il n'y a pas de fatalité. Ça faisait trente ans qu'on attendait ce jour", a-t-il ajouté.

Le député UMP Olivier Dassault, un des fils de Serge Dassault, patron du groupe, a qualifié ce succès de "très très bonne nouvelle" pour le groupe et "pour l'industrie aéronautique".

Le Rafale face à forte partie

L'Inde a sélectionné le Rafale de Dassault dans le cadre d'un colossal appel d'offres remontant à 2007 : l'un des plus importants jamais lancés par la troisième puissance économique d'Asie et l'un des plus importants du moment dans le secteur de la défense aérienne.

Attirés par l'enjeu, les géants mondiaux du secteur s'étaient engagés dans une féroce compétition. Le Rafale et le Typhoon d'Eurofighter avaient été présélectionnés en avril, mettant hors jeu les poids lourds américains du secteur, Boeing et Lockheed Martin, le Suédois Saab et le Russe MiG.

Le juteux appel d'offres avait même été au cœur de nombreuses visites officielles en Inde l'an dernier. Nicolas Sarkozy, son homologue américain, Barack Obama, le Premier ministre britannique, David Cameron, et le président russe, Dmitri Medvedev, avaient tous plaidé la cause de leurs avionneurs respectifs.

Selon le ministère de la Défense indien, le Rafale serait 4 à 5 millions de dollars (3 à 3,8 millions d'euros) moins cher que son rival européen Eurofighter, rapportent Les Echos. Or, en Inde, le candidat le moins-disant remporte généralement le contrat.

Le feuilleton Rafale continue

L'histoire tourmentée du Rafale semblait pourtant proche de la fin. Le 7 décembre dernier, le ministre de la Défense, Gérard Longuet, avait indiqué sur le plateau de LCP que la production de ces avions de combat cesserait si Dassault ne parvenait pas à les exporter.


Produit d'un programme lancé à la fin des années 1980 pour uniformiser les forces armées françaises, le Rafale n'avait jusqu'alors jamais réussi à se vendre à l'étranger. Dernier épisode d'une longue série d'échecs, le 30 novembre dernier, le gouvernement suisse lui avait préféré vingt-deux avions suédois Gripen.

Quelques jours plus tôt, les Emirats arabes unis avaient déjà boudé un contrat de vente de soixante Rafale, alors que Gérard Longuet s'était réjoui d'une probabilité d'achat "très, très forte". Quant au Brésil, après avoir reporté sa décision d'achat lors de l'élection de Dilma Rousseff, il doit communiquer le résultat de son appel d'offres en ce début 2012.

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