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400 000 euros de prime pour l'ex-patron d'Air France : "dans l'intérêt du groupe"

Les syndicats de la compagnie s'insurgent contre cette prime de non-concurrence, qui a été versée il y a sept mois, alors que la compagnie est désormais engagée dans un plan d'économies drastique.

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France Télévisions
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L'ancien patron d'Air France, Pierre-Henri Gourgeon (ici en novembre 2009), a touché une prime de non-concurrence de 400 000 euros. (ZAK BRIAN / SIPA)

La nouvelle fait tache chez les salariés d'Air France, mis au régime sec et soumis à un plan de réduction de dépenses. L'assemblée générale des actionnaires de la compagnie devrait ratifier, le 31 mai, l'attribution d'une prime de non-concurrence pour son ancien patron, Pierre-Henri Gourgeon. Une simple formalité, puisque cette prime de 400 000 euros a déjà été versée, il y a sept mois, à l'ex-PDG, remplacé depuis par Alexandre de Juniac. Le groupe a justifié ce versement vendredi 25 mai, face à la colère des syndicats.

"Lors du changement de gouvernance en octobre dernier, le conseil d'administration d'Air France-KLM, sur proposition du comité de rémunération, a décidé d'imposer à Pierre-Henri Gourgeon un engagement de non-concurrence pour une période de trois ans, a expliqué un porte-parole dans une mise au point écrite. En contrepartie de cet engagement, [le conseil a ainsi] décidé d'allouer à Pierre-Henri Gourgeon une indemnité d'un montant de 400 000 euros, soumise au régime de droit commun des conventions réglementées prévu aux articles L. 225-38 et suivants du Code de commerce." Il souligne que "ceci a été fait dans l'intérêt du groupe".

Un privilège qui a fait bondir les syndicats

L'Unsa-Aérien avait qualifié jeudi 24 mai ce montant de "scandaleux" et d'"indécent". Dans un communiqué, le deuxième syndicat de l'entreprise s'est insurgé : "Qui peut concevoir que l'on demande d'un côté des efforts financiers aux salariés de la compagnie (blocage des salaires sur deux ans) et d'autre part verser à un 'ex grand patron', qui a échoué dans sa mission, une somme aussi colossale ?"

Pierre-Henri Gourgeon, qui a démissionné du groupe en octobre dernier, avait déjà été au centre d'une polémique au sujet de billets à tarifs très réduits, en février 2012. Il y avait finalement renoncé.

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