Qwant, le moteur de recherche français, s'apprête à licencier des salariés et à tailler dans ses dépenses

La restructuration au sein de Qwant, entamée en janvier, atteint une nouvelle étape avec l'annonce de la fermeture probable de deux filiales et du licenciement de plusieurs salariés. Ces départs ne seront que partiellement compensés par de nouvelles embauches.

L\'entrée des locaux de Qwant, dans le 16e arrondissement, à Paris.
L'entrée des locaux de Qwant, dans le 16e arrondissement, à Paris. (JC)

La période de turbulences se poursuit chez Qwant. La société éditant le moteur de recherche français, largement soutenu par le gouvernement, a annoncé la semaine dernière aux salariés un vaste plan de réorganisation pour se recentrer sur le cœur de métier de la société. D'après nos informations, cette restructuration menacerait de fermeture le bureau d'Ajaccio (Corse-du-Sud), dont les douze salariés s'occupent du service Qwant Music, ainsi que celui d'Epinal (Vosges), racheté en 2017 à l'entreprise Xilopix et dont le nombre de salariés étaient depuis en déclin, malgré les promesses de recrutements.

Avec la probable disparition de ces deux filiales, à laquelle s'ajouteraient sept licenciements au siège parisien, environ 25 postes seraient supprimés, sur une centaine au total. Mais d'après des documents internes consultés par franceinfo, 16 postes seraient créés dans le même temps, principalement pour renforcer les équipes de développement à Nice (Alpes-Maritimes). Ce processus, entamé le 10 juin et qui devrait permettre des reclassements au sein de l'entreprise, est censé être clos avant la fin de l'été.

"Des changements d'organisation"

Contactée, la direction n'a pas souhaité communiquer précisément sur ce plan, mais confirme des discussions avec les représentants du personnel concernant une réorganisation au sein du groupe. Jean-Claude Ghinozzi, PDG de Qwant, indique mettre en œuvre une "stratégie toute tournée vers notre moteur de recherche, l’enrichissement de son écosystème et la monétisation de ses services", nécessitant "des changements d’organisation et une affectation de nos ressources humaines et financières différentes".

Car depuis le début de l'année, Qwant a vécu une série de bouleversements, notamment au sein de l'équipe dirigeante. En janvier, l'historique Eric Léandri, cofondateur du moteur de recherche, a été écarté de son poste de président, tout en restant actionnaire. En mars, d'autres départs ont été actés, dont celui de Tristan Nitot, alors directeur général, et Marie Juyaux, directrice générale adjointe.

La nouvelle direction, présidée par Jean-Claude Ghinozzi, a aussi fait le ménage dans les nombreux projets de l'entreprise. L'implantation à Cannes (Alpes-Maritimes) pour un projet lié au septième art a été suspendue, et le projet Qwant Causes, qui permettait de financer des associations en fonction des clics des internautes, a été abandonné en mai. L'assainissement est aussi financier, avec un prochain abandon des luxueux locaux de la rue Spontini, dans le 16e arrondissement de Paris, pour lesquels la société déboursait 100 000 euros par mois, d'après Le Media, ainsi que la fin du coûteux sponsoring de certains clubs sportifs corses, comme le rapportait La Lettre A.