Profession thanatopracteur : "Une étape importante pour le travail de deuil des familles"

Alors qu'on célèbrera les morts jeudi 2 novembre, zoom sur une profession méconnue du grande public : thanatopracteur. Ces personnes s'occupent de préparer les morts pour leurs funérailles. 

Un thanatopracteur maquille un défunt. (Photo d\'illustration)
Un thanatopracteur maquille un défunt. (Photo d'illustration) (MAXPPP)

Mercredi 1er novembre célèbre la Toussaint, jour choisi par beaucoup de Français pour fleurir les tombes, avant la fête des morts le lendemain. L'occasion de s'intéresser à un métier du secteur funéraire peu connu : thanatopracteur. On en compte entre 500 et 600 en France. Ils prodiguent des soins de conservation aux défunts pour les présenter à leur famille. Ce métier est parfois difficile mais il attire de plus en plus de candidats, de plus en plus jeunes.

Pour accéder à la profession, il faut faire deux ans d'études théoriques orientées sur la médecine et la médecine légale. Puis, les étudiants doivent faire un stage au cours duquel ils réaliseront au moins 100 soins sous la direction d'un maître de stage. Enfin, ils réalisent un soin devant un jury professionnel pour obtenir leur diplôme. La rémunération se situe entre 1 700 euros mensuels en début de carrière et 3 000 euros pour un professionnel confirmé. 

Le reportage de Grégoire Lecalot à l'hôpital Pitié-Salpêtrière, à Paris
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Une étape importante pour le travail de deuil

Franceinfo s'est rendu à l'hôpital Pitié-Salpêtrière, à Paris, où tout se passe dans l'amphithéâtre des morts. Ces quelques bâtiments de briques abritent à la fois la morgue, la chapelle et les salles de présentation des défunts. Dans une pièce à l'écart, les thanatopracteurs doivent faire un soin de conservation pour une femme de 68 ans, décédée six jours plus tôt. "Les soins de conservation consistent à retarder le phénomène de putréfaction des défunts", explique Mickaël Lebreton, thanatopracteur depuis 10 ans et formateur.

Leurs gestes ont beaucoup d'impact sur la manière dont les proches des défunts vivent la perte d'un être cher. "Le but est que la famille puisse se recueillir dans de bonnes conditions le jour des obsèques et voir le défunt dans un aspect reposé. Pour le travail de deuil, c'est extrêmement important pour que la famille puisse se recueillir une dernière fois", insiste le profesionnel.

Pas de manipulation brusque avec les défunts

Sous l'œil de son maître de stage, Ficria Khazzar, 38 ans, achève sa reconversion professionnelle en prodiguant ce soin. Le métier de thanatopracteur lui apporte beaucoup. "Je suis toujours en train de m'occuper des autres et c'est quelque chose que je retrouve dans cette profession." Le métier est pourtant parfois difficile mais pas de quoi décourager la trentenaire.

Ça ne nous empêche pas d'être sensibles, je ne pense pas qu'on se blinde. La vie continue juste.Ficria Khazzar, étudiante en thanatopraxieà franceinfo

Pour conserver les tissus, les thanatopracteurs remplacent le sang par un liquide formolé, en procédant à une sorte de dialyse. Mickaël Lebreton masse doucement les bras et les mains de la défunte. "Il n'y a pas de manipulations brusques avec les défunts. Ça reste une personne qui a vécu. Il faut la respecter en tant que telle." Cette éthique est, selon lui, indispensable pour exercer ce métier. "Si on n'a pas un peu d'humanité ou de compassion pour les défunts, ce n'est pas la peine de faire ce travail."

Quatre à cinq soins par jour en moyenne

Ficria et Mickaël passent ensuite une robe couleur ivoire à la vieille dame. Plus les vêtements fournis par les familles sont couvrants, mieux c'est, précisent-ils. Ils sortent ensuite leur trousse à cosmétiques, une phase très importante. "C'est ce qu'on va rendre à la famille, le visage apaisé." L'opération progresse doucement.

On avait un corps très abîmé, on essaie de lui redonner un aspect apaisé et naturel. Ce n'est pas toujours évident.Mickaël Lebreton, thanatopracteur depuis 10 ansà franceinfo

Ficria complète : "On fait de notre mieux." Le corps est ensuite présenté dans la journée à la famille dans une salle spéciale. Ficria et Mikael, eux, repartent pour le soin suivant. Ils en réalisent quatre à cinq par jour en moyenne.