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MyFerryLink : le gouvernement propose une nouvelle Scop et la reprise de 380 salariés de SeaFrance

Le gouvernement a proposé, jeudi, "un protocole global de sortie de crise" aux trois parties impliquées dans le dossier MyFerryLink, pour débloquer la situation.

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France Télévisions
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Des employés de la Scop SeaFrance immobilisent un navire dans le port de Calais (Pas-de-Calais), le 1er juillet 2015. (AFP)

Depuis un mois, les marins de SeaFrance ont mené plusieurs actions pour faire part de leur colère, notamment en bloquant le tunnel sous la Manche. Leur avenir semble désormais scellé. Pour reprendre les activités de la Société coopérative ouvrière de production (Scop) SeaFrance, qui exploite la compagnie MyFerryLink, le gouvernement a exposé ses propositions dans un protocole d'accord en neuf points, rendu public jeudi 23 juillet par le secrétariat d'Etat aux Transports.

Ce texte suggère la création d'une nouvelle Scop, et prévoit la suppression d'une centaine de postes. Voici ce qu'il faut retenir de ce plan, qui devrait être adopté lors d'une réunion prévue lundi.

Une nouvelle Scop de 150 salariés

La mise en liquidation de la Scop Seafrance est jugée "inéluctable avant la fin du mois d'août". Au total, le protocole prévoit donc la reprise de 380 salariés de SeaFrance : 150 seraient intégrés à la nouvelle Scop, et 230 seraient embauchés par le Danois DFDS. C'est à cette entreprise qu'Eurotunnel a projeté de céder deux de ses trois navires de sa filiale MyFerryLink (le Berlioz et le Rodin), une annonce qui avait déclenché la colère des salariés de la Scop Seafrance. Eurotunnel doit s'engager "à passer un contrat d'affrètement du navire Nord-Pas-de-Calais" (son troisième bateau) avec la nouvelle Scop.

Les 150 salariés de la nouvelle Scop devront être choisis "d'un commun accord" par Eurotunnel et les dirigeants du conseil de surveillance de la Scop SeaFrance. Ou, à défaut, par "un médiateur désigné par le secrétaire d'Etat" chargé des Transports, Alain Vidalies.

Le sort de plus de 100 salariés encore incertain

Sur les 487 salariés français actuellement en CDI à la Scop SeaFrance, 380 seraient donc repris et 107 "pourraient être privés d'emploi". Le gouvernement s'est pourtant fixé pour objectif "d'obtenir dans un délai de trois mois une solution pour chaque salarié". Le conseil de surveillance de SeaFrance, Eurotunnel, propriétaire des bateaux, et le groupe danois DFDS, qui veut reprendre les navires, devront répondre à cette proposition lors d'une réunion programmée lundi.

Le sort des 107 salariés, qui pourraient être licenciés, sera connu "rapidement". Le protocole établit une priorité d'embauche pendant cinq ans pour les anciens salariés de la Scop SeaFrance si Eurotunnel ou DFDS créent de nouveaux emplois maritimes sur le port de Calais (Pas-de-Calais).

Eric Vercoutre, secrétaire général du syndicat Maritime Nord, estime que "tout n'est pas réglé". "Il reste des gens sur le carreau, souligne-t-il. Alors ce protocole c'est une base, c'est le début, il faut continuer à travailler sur ses bases. Il faut améliorer ce qui peut l'être, continuer à avancer. La discussion n'est pas finie." 

1,2 million d'euros d'Eurotunnel pour SeaFrance

Par ailleurs, selon ce protocole, Eurotunnel devra payer immédiatement 1,2 million d'euros de créances à la Scop SeaFrance, sur un total de 6,2 millions d'euros dus. Enfin, les signataires devront renoncer à poursuivre les procédures judiciaires engagées.

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