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"Plus jamais ça" : les ex-salariés d'Ardennes Forge interpellent Emmanuel Macron

Les 47 ex-salariés de l'entreprise de Nouzonville doivent rembourser une partie des 900 000 euros de dommages-intérêts alloués par les prud'hommes en 2010. Certains métallurgistes doivent reverser jusqu'à 20 000 euros, alors que la plupart n'ont pas retrouvé un emploi stable.

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France Télévisions
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Des salariés d'Ardennes Forge devant les grilles de l'entreprise, à Nouzonville (Ardennes), le 10 juin 2008.  (L'UNION DE REIMS / MAXPPP)

Ils sont écœurés. A force d'être renvoyés à leur "misère d'ouvriers métallurgiste ardennais", les 47 ex-salariés de la société Ardennes Forge de Nouzonville ont écrit mardi 8 août à Emmanuel Macron pour que "demain plus aucun salarié ne puisse se retrouver dans cette monstrueuse situation".

Ces ex-salariés, dont l'usine avait fait l'objet d'une liquidation judiciaire en 2008, doivent rembourser une partie des 900 000 euros de dommages-intérêts alloués en 2010 par le conseil des prud'hommes pour cause de "licenciements abusifs". En cause, un "trop-perçu", a tranché la justice en juillet 2017, après un pourvoi en appel de l'AGS, le régime de garantie des salaires, en mars 2012. Les sommes devant être remboursées peuvent atteindre jusqu'à 20 000 euros par salarié, pour un montant total de 560 900 euros. Mais la plupart des anciens salariés d'Ardennes Forge n'ont pas retrouvé d'emploi stable.

Une histoire "très douloureuse"

"Nous sommes les victimes d'un système (...) qui, dans le cas présent, permet paradoxalement de déclarer très lourdement coupables des individus reconnus par ailleurs victimes par deux fois et notamment au pénal, écrivent, au nom des 47 concernés, Denis Coune et Rémy Petitjean, responsables de l'Association des indignés d'Ardennes ForgeNotre histoire très douloureuse ne pourrait-elle pas faire en sorte que demain plus aucun salarié français ne puisse se retrouver dans cette monstrueuse situation", ajoute l'association. "Notre lettre, c'est plus un message – 'Plus jamais ça.' – qu'une revendication", affirme Denis Coune.

La mort dans l'âme, la majorité des membres de l'association avait consenti à la fin juillet à soumettre chacun un dossier à l'AGS sur leur situation personnelle dans l'espoir qu'elle soit prise en compte dans le règlement définitif du contentieux. Cet examen au cas par cas, "on n'en voulait pas, car on considère qu'on n'a pas à rembourser", mais la crainte de saisies par huissier l'a emporté.

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