"Pas possible que ça ferme !" : les salariés de la papeterie Arjowiggins effondrés après la liquidation judiciaire de leur entreprise

Faute d'investisseur privé, 600 salariés de l'usine de Bessé-sur-Braye du papetier Arjowiggins dans la Sarthe sont menacés de perdre leur emploi après l'annonce de la liquidation judiciaire de leur entreprise. Sur place, les espoirs déçus des salariés ont laissé la place à la sidération.

La papeterie de Besse-sur-Braye, dans la Sarthe.
La papeterie de Besse-sur-Braye, dans la Sarthe. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Cette fois c'est la fin pour la papeterie Arjowiggins à Bessé-sur-Braye, dans la Sarthe : le tribunal de commerce de Nanterre a prononcé la liquidation judiciaire de cette usine qui emploie environ 600 personnes, au cœur d'un territoire rural. Le seul candidat, un repreneur suédois, a rapidement abandonné et les salariés n'ont pas pu trouver les fonds privés pour lancer un projet alternatif malgré le soutien financier de la Région.

"Accuser le coup, rester solidaires"

Debout sur le perron de cette vieille papeterie qui allait fêter ses 200 ans, Christophe Garcia, délégué CGE-CGC a annoncé la liquidation judiciaire de l'usine. "Voilà les nouvelles officielles aujourd'hui, explique-t-il à ses collègues. Il faut accuser le coup et rester solidaires. On l'a été depuis le début et il faut que nous le restions. On a fait ce qu'on a pu mais ce n'est pas suffisant. Il va falloir qu'on travaille encore un peu. Mais j'insiste : c'est important de bien toucher le fond pour pouvoir rebondir." 100 à 200 salariés ont fait le déplacement. Ils avaient beau s'y attendre, depuis qu'ils savent que leurs représentants n'ont pas pu trouver de repreneurs privés, tous sont effondrés.

Ce n'est pas possible que ça ferme, c'est une vraie famille ! C'est un village ! C'est lamentable : c'est un gâchis social, humain, économique.Anne Brodin, 23 ans d'entrepriseà franceinfo

Malgré des difficultés liées au prix de la pâte à papier, les salariés estiment que leur usine était performante. Ils accusent l'Etat et les investisseurs privés français de les avoir laissé tomber. L'enjeu aujourd'hui est d'améliorer leurs conditions de départ au minimum légal et d'espérer un jour un nouveau projet sur le site.

Deux autres usines d'Arjowiggins s'en sortent mieux : la moitié des salariés de l'autre site sarthois du Bourray sont repris par une PME du département et le site de Chateau-Thierry dans l'Aisne et ses 76 salariés, qui fabriquent du papier recyclé, est repris intégralement.

"C'est lamentable": les salariés de la papeterie Arjowiggins effondrés après la liquidation judiciaire de leur entreprise
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