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Lille: les salariés de La Redoute manifestent pour leurs emplois

Environ 1.200 salariés de La Redoute ont défilé jeudi à Lille pour protester contre le plan social mis en place par leur actionnaire, le groupe Kering. Celui-ci a annoncé la suppression d'au moins 700 emplois lors d'une cession prochaine. L'objectif : revendre La Redoute, qui a déjà perdu près de la moitié de ses salariés depuis 8 ans. 
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Radio France
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C'est sous la pluie que les salariés de La Redoute ont battu le pavé lillois, ce jeudi. Ils étaient plus de 1.000 à manifester pour défendre leurs emplois menacés par un plan social. La mobilisation a même dépassé les espérances des représentants syndicaux, qui avaient fait venir tout le monde en bus. 

Le cortège, parti à 11h de la gare de Lille Flandres, a rejoint peu après midi la Grand place de la capitale régionale, où les représentants syndicaux ont pris la parole avant de se rendre à l'hôtel de ville, accompagnés d'une quinzaine de salariés et d'élus de la métropole lilloise.

Tous les syndicats unis

Pour la première fois (c'est la troisième manifestation de ce type), tous les syndicats étaient présents, puisque le syndicat CFE-CGC avait lui aussi rejoint l'intersyndicale CFDT/CGT/Sud-solidaires. "C'est la fin de la grande muette, l'encadrement sort du bois. Vu l'ampleur du plan il faut montrer qu'on est présents ", a expliqué le délégué de la CFE-CGC Louis Marcy.

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Tous les syndicats n'avaient qu'un seul et même message : non aux licenciements. Ils redoutent la perte de 700 postes supplémentaires, après avoir déjà perdu près de la moitié des employés depuis 8 ans. "Zéro, zéro, zéro sur le carreau, 10 ans, 10 ans, 10 ans de garantie ", ont clamé les salariés, interpellant François-Henri Pinault, le PDG du groupe Kering (ex-PPR) qui a entrepris de se défaire de sa branche distribution pour se recentrer sur le luxe et le style de vie.

"Il y a 159 sous-traitants dans la région. Un plan social, l'externalisation et la filialisation de certaines activités impacteraient plus de 6.000 personnes ", a souligné Thierry Bertin, délégué Sud.

L'inquiétude des salariés

"J'ai peur comme tout autre salarié, ça fait 21 ans que je travaille à La Redoute, je pense que se retrouver au chômage après 21 ans c'est très difficile. D'autant que la plupart des salariés ont entre 51 et 57 ans, ça risque d'être très dur pour eux de retrouver un emploi", a témoigné   une manifestante, illustrant l'inquiétude de tous les salariés. 

"Là, c'est grave. Il y a des licenciements. Ils sont en train de détruire la société que l'on a connue avec 7.000 personnes. C'est grave aussi bien pour ceux qui vont partir que pour ceux qui vont rester ", a déclaré Françoise, 55 ans, qui manifestait pour la première fois en 37 ans de travail à La Redoute.

Pinault accusé par les salariés et par Martine Aubry

"Pinault, penser à ton image, c'est bien, penser à tes salariés, c'est mieux " ou "Pour Pinault, défilé de mode Yves Saint Laurent, pour La Redoute, défilé de licenciements ", pouvait-on lire sur les panneaux. 

Dans une interview donnée mercredi à La Voix du Nord , Jean-François Palus, le directeur général de Kering, a confirmé que la société "serait vendue avant Noël ". Depuis plusieurs semaines, la polémique a enflé entre Martine Aubry et ce groupe, dont François-Henri Pinault est le propriétaire. La maire de Lille s'est opposée aux suppressions d'emplois à venir, qualifiant Kering d'être "irresponsable ". 

C'est une nouvelle fois lui qui était visé par les manifestants jeudi, qui ont réclamé des garanties sociales. Ils ont également voté à main levée le principe d'une "nouvelle action d'envergure " dans les prochains jours.

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