Le dossier GM&S "aurait pu être réglé depuis longtemps" selon le président du tribunal de commerce

Le président du tribunal de commerce de Poitiers, Patrick de Lassée, déclare sur France Bleu Poitou que, sans la médiatisation du dossier et "l'implication du pouvoir politique", le dossier "aurait pu être réglé depuis longtemps".

Des salariés de l\'entreprise GM&S, le 24 juillet 2017.
Des salariés de l'entreprise GM&S, le 24 juillet 2017. (PASCAL LACHENAUD / AFP)

Le dossier GM&S "aurait pu être réglé depuis longtemps s'il n'y avait pas eu médiatisation, instrumentalisation de la médiatisation et implication du pouvoir politique", a déclaré, lundi 24 juillet, sur France Bleu Poitou, Patrick de Lassée, le président du tribunal de commerce de Poitiers. C'est la première fois qu'il s'exprime au sujet du dossier GM&S Industry.

"Ce qui est hors norme dans ce dossier, c'est sa médiatisation, et l'implication particulière du pouvoir politique puisque cette affaire est tombée à une époque où il y avait une campagne électorale [...] Indéniablement ça complique les choses, une affaire comme celle-ci aurait pu être réglée depuis longtemps s'il n'y avait pas eu médiatisation, instrumentalisation de la médiatisation et implication du pouvoir politique", a-t-il expliqué.

"Il faut savoir ne pas trop écouter tout ce qui se dit"

Le tribunal de commerce de Poitiers a accordé, lundi 24 juillet, un nouveau sursis d'une semaine, à l'équipementier automobile creusois en liquidation judiciaire GM&S. Il devrait statuer le 31 juillet sur la seule offre de reprise, partielle, celle de l'emboutisseur stéphanois GMD, qui conserverait 120 des 277 emplois.

"Il faut savoir ne pas trop écouter tout ce qui se dit à la radio et à la télévision et savoir raison garder, s'y reprendre à plusieurs fois avant de prendre une décision, pour essayer de prendre la moins mauvaise possible", a expliqué Patrick de Lassée.

"Les médias ne m'apprennent rien !"

Il évite également de lire tout ce qui se dit sur GM&S dans la presse : "J'ai des centaines voire des milliers de mails et de coups de téléphone sur cette affaire, donc les informations, je les ai, les médias ne m'apprennent rien !"

Patrick de Lassée coupe court enfin aux éventuels fantasmes sur une pression quelconque de l'Elysée ou de la Chancellerie. "Il faut être sérieux. La séparation des pouvoirs existe. Le pouvoir politique n'intervient pas dans le pouvoir judiciaire. Et je suis sûr de pouvoir dire que le procureur n'a pas reçu non plus d'ordre de son ministère dans ce dossier" conclut le président du tribunal de commerce de Poitiers. 

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