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Mittal et les autres couleuvres avalées par Montebourg

L'accord entre le gouvernement et ArcelorMittal n'est pas le premier désaveu que subit le ministre du Redressement productif.

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Arnaud Montebourg, lors d'une conférence de l'Union française de l'électricité, à Paris, le 28 novembre 2012. (ERIC PIERMONT / AFP)

FLORANGE - Le chevalier Arnaud Montebourg est à nouveau désarçonné. Le ministre du Redressement productif, contrarié par le Premier ministre sur son projet de "nationalisation temporaire" du site ArcelorMittal de Florange (Moselle), a failli démissionner samedi 1er décembre, selon Les Echos et Libération. Lassé d'avaler des couleuvres ? Arnaud Montebourg a, en effet, déjà dû manger son chapeau à plusieurs reprises depuis son arrivée à Bercy.

Mittal, la goutte d'eau

Pour Arnaud Montebourg, "Mittal n'est plus le bienvenu en France". Au-delà de ces mots durs, le ministre du Redressement productif défend surtout une nationalisation temporaire du site ArcelorMittal de Florange, pour sauver les hauts-fourneaux. L'idée fait son chemin, séduit les syndicats, agace le Medef. La sentence sort de la bouche de Jean-Marc Ayrault, vendredi 30 novembre, lorsqu'il annonce un accord entre le gouvernement et le sidérurgiste décrié.

Mittal reste donc le patron du site, en échange du maintien de l'emploi et d'un investissement de 180 millions d'euros sur cinq ans. La nationalisation "n'est pas efficace face à un problème de débouchés pour une entreprise ou face à un problème de compétitivité", estime le Premier ministre. Arnaud Montebourg menace alors de démissionner, avant de décider finalement de "rester à [son] poste de travail et de combat".

PSA Aulnay, le camouflet

Juillet 2012, le brûlant dossier PSA mobilise le gouvernement. Le constructeur prévoit de supprimer 8 000 postes en France. Un plan que François Hollande juge "inacceptable", lors de la traditionnelle interview du 14 juillet. Gonflé à bloc, soutenu dans son action, Arnaud Montebourg s'apprête à rencontrer, quatre jours plus tard, le président du directoire de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, pour exiger des "contreparties" à ce plan.

A la veille du rendez-vous, le ministre charge violemment la direction de PSA et choque la famille Peugeot, actionnaire majoritaire, en comparant le groupe à un "malade imaginaire". Recadré par l'Elysée, selon RTL, Arnaud Montebourg voit finalement le dossier lui glisser entre les doigts. C'est Jean-Marc Ayrault qui le récupère et rencontre, le 23 juillet, Philippe Varin.

Sanofi, la mise à l'écart

Arnaud Montebourg a le chic pour secouer les patrons. Comme ceux de Sanofi, en juillet, quand ils ont quitté Bercy en colère, raconte cet article du Monde (accès abonnés). Le groupe pharmaceutique prévoit un plan de suppression de 2 600 postes. Les discussions sont tendues. Les conseillers du ministre du Redressement productif malmènent Christopher Viehbacher, directeur général de Sanofi.

A tel point que la direction du groupe refuse par la suite d'avoir affaire au ministre. Sanofi contourne Bercy pour frapper directement à la porte de Matignon, qui écarte le ministre d'une réunion interministérielle, le 20 septembre, rapporte Le Monde. Arnaud Montebourg n'est toutefois pas totalement désavoué. Quelques jours plus tard, il est présent à l'Elysée pour une ultime réunion et finit par obtenir de Sanofi "seulement" 900 suppressions de postes.

Forages pétroliers, le premier revers

Arnaud Montebourg et Nicole Bricq mènent la bataille de concert en juin. Face à Shell et Total, ils veulent remettre en cause les permis d'exploration au large de la côte guyanaise. Selon Marianne, Matignon n'est pas informé. Sous la pression des pétroliers et des élus guyanais, les deux ministres font marche arrière, affirmant que les permis déjà octroyés ne sont finalement pas visés. L'affaire coûte son poste à la ministre de l'Ecologie, reclassée au ministère du Commerce extérieur. Arnaud Montebourg échappe au remaniement.

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