Florange : Sarkozy avait pensé à nationaliser le site

Cette idée est née "quelques mois avant les présidentielles", a déclaré l'ancien ministre des Finances, Thierry Breton, sur Europe 1.

Le site ArcelorMitatl, de Florange (Moselle), le 6 décembre 2012.
Le site ArcelorMitatl, de Florange (Moselle), le 6 décembre 2012. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

FLORANGE - Nationaliser Florange ? La droite y a pensé lorsqu'elle était au pouvoir. C'est ce qu'a affirmé l'ancien ministre des Finances, Thierry Breton, samedi 8 décembre, sur Europe 1. "Quelques mois avant les présidentielles, François Baroin, à la demande de Nicolas Sarkozy, a clairement fait réfléchir sa direction du Trésor" sur cette question, a-t-il déclaré. L'actuel patron de la société française Atos, qui se trouvait à Bercy quand Mittal a lancé son OPA hostile sur Arcelor en 2006, a précisé que François Baroin l'avait "autorisé" à parler de cette réflexion lancée par le gouvernement précédent.

Une révélation qui donne un autre éclairage aux nombreuses critiques que la droite a adressé au gouvernement de Jean-Marc Ayrault, et notamment au ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui a émis l'idée de nationaliser partiellement le site mosellan du sidérurgiste.

"Un arsenal juridique que d'autres pays utilisent"

Thierry Breton estime que lorsque l'Etat "voit une entreprise sur son territoire, qui emploie 20 000 personnes (...) et qui est reléguée en catégorie hautement spéculative, il est fondé, en dernier recours et sur un périmètre viable (...) à se donner du temps et à nationaliser de façon partielle."

Evoquant sa rencontre avec Arnaud Montebourg, l'ancien ministre déclare : "J'ai rappelé tout simplement que la nationalisation fait partie de notre arsenal juridique et que, finalement, d'autres pays l'utilisent." Il fait ainsi allusion à l'intervention des Etats-Unis pour empêcher la faillite de General Motors, en 2009.