Florange : la CFDT "fait de la politique", dit Sarkozy

Le président candidat, qui doit tenir un meeting à Nancy dans la soirée de lundi, s'est entretenu avec trois journaux lorrains. Il dit avoir tenu ses promesses vis-à-vis de la sidérurgie.

Le président Nicolas Sarkozy, photographié à l\'Elysée le 30 mars.
Le président Nicolas Sarkozy, photographié à l'Elysée le 30 mars. (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

Le président candidat continue de critiquer vertement les syndicats d'ArcelorMittal. Nicolas Sarkozy dénonce les"permanents de la CFDT" de l'usine de Florange qui "trahissent la confiance des salariés", dans un entretien à trois journaux lorrains, lundi 2 avril, avant un meeting dans la soirée à Nancy (Meurthe-et-Moselle).

Que dit Nicolas Sarkozy des syndicats ?

"Ne confondons pas les salariés d'ArcelorMittal, que je ne laisserai pas tomber, et des syndicalistes qui trompent leurs adhérents en faisant de la politique au lieu de défendre l'intérêt des salariés", attaque le candidat UMP. "Ils sont venus m'insulter et essayer de casser mon siège de campagne", affirme-t-il. Quelque 150 salariés de l'usine de Florange, menés par la CFDT, majoritaire, mais aussi par la CGT et Force ouvrière, étaient venus manifester le 15 mars à Paris devant le siège de campagne de Nicolas Sarkozy. La police les avait délogés avec des gaz lacrymogènes. Le chef de l'Etat leur avait alors déjà reproché de n'être "pas représentatifs" des salariés.

Que répondent-ils ?

"Je n'arrive pas à imaginer que c'est le président de la République qui parle, s'est étonné Jean-Marc Vécrin, délégué CFDT d'ArcelorMittal Florange sur France InfoIl fait peut-être sa campagne, mais nous, on veut sauver notre usine, c'est tout !"

Les syndicalistes de Florange veulent obtenir une décision de redémarrage de leurs deux hauts-fourneaux. L'un a été arrêté en juillet 2011, l'autre en octobre de la même année. Une vingtaine de syndicalistes effectuent depuis mercredi dernier une marche vers Paris, qu'ils atteindront le 6 avril pour "défendre leurs emplois auprès des populations".

Qu'en dit l'opposition ?

La députée PS de Moselle, Aurélie Filippetti, membre de l'équipe Hollande, a accusé lundi Nicolas Sarkozy de "démagogie antisyndicale". "Le candidat sortant a franchi toutes les bornes de l'irrespect et du mépris des salariés en s'en prenant avec une violence inouïe aux représentants démocratiquement élus des ouvriers d'ArcelorMittal de Gandrange et de Florange", a commenté la députée.