Ascoval : le maire de Valenciennes demande au gouvernement de "faire plier Vallourec", qu'il accuse de "mépris"

Laurent Degallaix estime sur franceinfo que Vallourec ne fait pas les efforts nécessaires pour favoriser la reprise du site, à proximité de Valenciennes.

Le site de l\'aciérie Ascoval, dans le Nord, le 23 octobre 2018.
Le site de l'aciérie Ascoval, dans le Nord, le 23 octobre 2018. (GILLES GALLINARO / RADIO FRANCE)

Laurent Degallaix, maire de Valenciennes UDI-Parti radical, a demandé, mercredi 24 octobre sur franceinfo au gouvernement "de faire plier Vallourec" qui a "une posture suffisante et méprisante" dans le dossier de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord)

La chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg s'est accordée, mercredi matin, un nouveau délai de deux semaines jusqu'au 7 novembre pour statuer sur le sort de l'aciérie Ascoval qui se trouve en redressement judiciaire. L'usine, qui emploie 281 salariés, est mise en vente par le propriétaire Vallourec dont l'Etat est actionnaire majoritaire.

Lors d'une réunion mardi entre tous les acteurs du dossier, le maire de Valenciennes a observé plusieurs attitudes : "J'ai vu une ministre [la secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher] qui a eu le courage de venir alors qu'elle est tout juste nommée et qui avait envie de trouver une porte de sortie. J'ai vu en face Vallourec qui avait une posture suffisante et méprisante. Il faut que le gouvernement fasse plier Vallourec et que Vallourec joue son rôle sur les 18 mois à venir."

"Vallourec a décidé que le dossier n'était pas viable"

Le groupe franco-belge Altifort est candidat à la reprise. Il s'engage à investir 140 millions d'euros, à maintenir les 281 emplois d'Ascoval et même à en créer 133 nouveaux. Altifort demande le maintien des commandes pendant une durée de 18 mois mais aussi un soutien financier que le groupe Vallourec estime à 51 millions, chiffre contesté par les syndicats, et qu'il ne veut pas payer.

Vallourec "oublie que ces salariés étaient, il y a encore peu de temps, les siens, rappelle Laurent Degallaix. Vallourec a décidé que ce dossier n'était pas viable, n'a pas joué en équipe pour se mettre autour de la table et faire en sorte qu'on trouve une issue."

On ne demande pas à Vallourec de payer un enterrement de première classe, on lui demande juste de pouvoir continuer l'activité !Laurent Degallaixà franceinfo

L'aciérie Ascoval fait presque partie du patrimoine de l'agglomération du Nord, selon le maire de Valenciennes : "C'est un métier noble et c'est beau de voir couler l'acier. On ne peut pas rester insensible. C'est une usine qui est ultra-performante. Ce territoire en a assez, il a suffisemment souffert ! Ce territoire a passé son temps à reconvertir des friches industrielles laissées par Vallourec ! Ce site-là ne doit pas être requalifié, il doit maintenir une activité performante."

De son côté, l'industriel valenciennois Pascal Cochez a proposé mercredi matin "une offre de reprise alternative" pour l'aciérie Ascoval.