Cash Investigation, France 2

VIDEO. Une journaliste de "Cash Investigation" embauchée comme femme de ménage à l’hôpital est confrontée à la pénurie de matériels

Marie Maurice s’est fait recruter par l’entreprise sous-traitante Onet pour effectuer le bio-nettoyage des chambres du Centre hospitalier de Valenciennes. Elle découvre le manque de matériels qui, selon les employés les plus anciens, serait apparu lorsque l’établissement a décidé de sous-traiter son bio-nettoyage… Un extrait de "Services publics : liberté, égalité, rentabilité ?", une enquête diffusée jeudi 10 décembre 2020 à 21 heures sur France 2.

Avant de commencer sa journée de travail, la journaliste du magazine "Cash Investigation" (Facebook, Twitter, #cashinvestigati) se rend dans un local pour récupérer le matériel de nettoyage. Et là, premier problème : il n’y a pas de balai pour décontaminer les sols : "J’ai pas de balai pour les bandeaux. Quelqu’un sait où je peux trouver un balai ?" demande-t-elle. La solution trouvée est de fabriquer son balai soi-même… avec les bouts de vieux balais qui traînent. Autre problème rencontré : les lavettes pour désinfecter les toilettes ou le mobilier. Elles sont usées jusqu’à la corde et réutilisées jusqu’à épuisement.

Les employés les plus anciens se sont habitués à cette pénurie de matériels car les économies auraient commencé, selon eux, après l’arrivée du sous-traitant. Avant, c’est l’hôpital lui-même qui s’occupait de son bio-nettoyage. "Ils n’ont plus voulu du bio-nettoyage, ça devenait trop cher, donc ils ont dit 'on va le faire privatiser, on va donner un budget à la société qui arrive et voilà… qu’ils se démerdent avec ça…' C’est plus leur problème en gros, c’est celui de la société Onet. C’est comme une usine, ça tourne. Ça n’est plus qu’une histoire de pognon, c’est tout", témoigne un membre du personnel de nettoyage.

"On ne va pas ré-internaliser le bio-nettoyage"

"Combien avez-vous économisé d'argent en donnant le marché du bio-nettoyage à une société sous-traitante ?" demande Elise Lucet, en décembre 2019, jutste avant la pandémie du coronavirus Covid-19, à Rodolphe Bourret, directeur du Centre hospitalier de Valenciennes. "Ce sont des sommes relativement conséquentes… reconnaît-il, plusieurs centaines de milliers d’euros." Va-t-il changer de sous-traitant, réintégrer le bio-nettoyage en interne, ou bien changer le cahier des charges en étant plus sévère ? Faute d’avoir pu le contacter sur son lieu de travail, la présentatrice du magazine d’investigation diffusé sur France 2 est allée à sa rencontre à Paris à l’occasion d’une conférence. "On ne va pas ré-internaliser le bio-nettoyage, répond-il. Je ne vais pas dire que tout va bien. La preuve, c'est que vous avez noté un certain nombre de dysfonctionnements…"

"Moi, je vous dis que le Centre hospitalier de Valenciennes est un très bon centre hospitalier, un établissement public de renom et qui travaille correctement", affirme le directeur. Mais un nettoyage de chambre se fait en six ou huit minutes, les balais sont dans un état pitoyable… Peut-il s’en satisfaire ? "Non, et si on remarque cette situation, comme on a des réunions régulières avec Onet, on leur fait remonter. La politique sociale d'Onet n’est pas notre sujet. Le nôtre, c’est la propreté." Trois mois après cette interview, le Centre hospitalier de Valenciennes a renouvelé pour quatre ans son marché de bio-nettoyage avec cette société…

Un extrait de "Services publics : liberté, égalité, rentabilité ?", une enquête de Marie Maurice diffusée jeudi 10 décembre 2020 à 21 heures sur France 2.

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