13h15, France 2

VIDEO. "On a rarement un manque de résilience chez nos patients militaires", selon un médecin de l'hôpital Percy

L’hôpital d’instruction des armées Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine), est un peu la seconde maison des blessés de guerre. Guillaume, 31 ans, y a passé du temps en rééducation depuis ce jour de juin 2016 où son véhicule militaire a sauté au Mali au cours d'une opération… Extrait du magazine "13h15 le samedi" du 11 mai 2019.

Le 26 juin 2016, Guillaume est un militaire engagé dans une opération au Mali. Ce jour-là, son engin roule sur un engin explosif improvisé (EEI) et saute sur quarante kilos d’explosifs. Le soldat a un arrachement du grand fessier ainsi que du nerf sciatique, avec un pronostic vital engagé pendant un moment. Un autre parcours du combattant commence alors pour le blessé de guerre pris en charge à l’hôpital d’instruction des armées Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine).

L’HIA Percy est un peu une deuxième maison pour tous les soldats blessés en mission. Guillaume s’y rend encore un an après l’explosion pour une visite de routine. Il fait le tour des services pour saluer ses soignants, encourager ses camarades en rééducation et parler de sa nouvelle vie : "J’ai repris depuis un peu plus d’un an sur un poste administratif." Si les rendez-vous médicaux se sont espacés, la douleur est toujours présente. Le militaire est venu demander comment la soulager à son médecin traitant.

"En terme de courage face aux difficultés..." 

"Les cachets sont tellement costauds que je dors toute la journée. Je n’ai pas mal, mais je ne fais rien. Je préfère avoir une vie active et serrer les dents", explique Guillaume. La gestion d’un soldat blessé est-elle la même que celle d’un civil ? "Elle est différente par le contexte, précise le médecin. Il n’y a rien d’aussi violent qu’une explosion sur le plan du ressenti initial, des lésions multiples, des brûlures… Cette sensation de mort imminente est plus forte encore. L’état de stress aigu a plus de possibilités de se développer après une explosion qu’après un accident de la voie publique par exemple. En termes de résilience, de courage face aux difficultés, on observe vraiment des différences nettes, en général."

"Ils sont beaucoup plus résilients, poursuit-il. Je ne dis pas qu’un personnel civil ne peut pas l’être, mais on a rarement un manque de résilience chez nos patients militaires comme on peut en avoir chez nos patients civils." Guillaume se souvient : "J’ai demandé quand j’allais remarcher. On m’a dit qu’en étant très optimiste, il fallait compter peut-être six mois, sinon plutôt un an… J’ai dit que je prenais les six mois. Avant ces six mois, j’étais debout et je commençais à marcher dans les couloirs parce que j’avais vraiment envie de me remettre sur mes jambes." Ce blessé de guerre a terminé sa rééducation physique, mais ne retrouvera jamais l’usage normal de sa jambe, et ne partira plus en opérations militaires.

13H15 / FRANCE 2
13H15 / FRANCE 2 (CAPTURE ECRAN / 13H15 / FRANCE 2)