À Perpignan, un chef étoilé passe à la semaine de quatre jours et fait le plein de candidatures

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IOLS Restaurateur passe aux 4 jours hebdo
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France Télévisions Rédaction Culture

Serait-ce la recette miracle pour recruter dans le secteur de l’hôtellerie-restauration où plus de 300 000 postes seraient à pourvoir selon les professionnels ? A Perpignan, le chef Christophe Comes, qui cherche depuis des mois à embaucher sept nouveaux collaborateurs, a vu les candidatures affluer quand il a décidé de passer à la semaine de quatre jours. #IlsOntLaSolution

C’est un des secteurs en tension en matière de recrutement. L’hôtellerie-restauration est à la recherche de personnel depuis des mois. Plusieurs centaines de milliers de postes seraient non pourvus, malgré les augmentations de salaires décidés en juin par la profession. Dans les Pyrénées-Orientales, le chef Christophe Comes, une étoile au Michelin pour son restaurant perpignanais, fonctionne avec la moitié de ses effectifs, sept personnes au lieu de quatorze.  

En plus de la hausse des salaires, il avait rajouté 200 euros nets de prime mensuelle, mais pas de quoi attirer les candidats. Alors, il a pris la décision d’offrir à ses salariés un troisième jour de repos hebdomadaire et de n’ouvrir que du mercredi au samedi. Et visiblement, cela change tout : "Aujourd’hui, ce que le travailleur veut, c’est du temps libre. J’ai reçu une quarantaine de CV en deux jours, alors que j’ai peiné à en avoir huit en un an. Là, les candidats m’attendent devant le restaurant pour me donner leur CV".  

Recette miracle ?

Des candidats attirés donc, par cette belle promesse, comme Freddy Herrera, venu postuler pour la place de sommelier : "Dans les restaurants gastronomiques, c’est compliqué d’avoir une vie familiale, on passe beaucoup sur le lieu de travail, donc oui, c’est vrai que ça motive beaucoup". Mais est-ce vraiment la recette miracle qui permettra de combler tous ces postes disponibles ?  

Du côté de l’UMIH, principale organisation professionnelle du secteur, on en doute. Brice Sannac, son représentant pour les Pyrénées-Orientales, regrette qu’un établissement soit obligé de réduire la voilure faute de personnel, alors que le département a un taux de chômage parmi les plus élevés du pays :  "C’est un constat d’échec pour nos institutions qui n’arrivent pas à remettre les Français sur le marché du travail, très clairement. Dans un département où l’on a 45 000 demandeurs d’emploi, on ne peut se satisfaire d’avoir 4000 postes vacants tout au long d’une saison dans l’hôtellerie-restauration". L’UMIH précise en outre que la semaine de quatre jours ne saurait être viable pour de nombreux établissements et dit réfléchir à des réponses plus globales, sans toutefois préciser lesquelles.  

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