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Mobilisation des magistrats : "J'espère qu'il n'y a pas d'instrumentalisation, mais je ne peux pas l'exclure", dit Éric Dupond-Moretti

Le ministre de la Justice répond aux magistrats et greffiers qui se mobilisent ce mercredi, aux côtés des avocats, pour demander plus de moyens. Le garde des Sceaux assure avoir "réparé l'urgence".

Article rédigé par France Info
Radio France
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Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti sur France Inter, le mardi 19 octobre 2021. (FRANCE INTER / RADIO FRANCE)

"J'espère qu'il n'y a pas d'instrumentalisation mais je ne peux pas l'exclure", a déclaré Éric Dupond-Moretti, ministre de la Justice, mercredi 15 décembre sur France Inter, alors que magistrats et greffiers appellent à la grève et à se rassembler partout en France aux côtés des avocats pour réclamer des moyens "dignes" pour la justice. "Ce qui me surprend, c'est le moment où intervient cette contestation, parce qu'il y a 20 ans d'abandon : abandon humain, abandon budgétaire de la justice", a-t-il poursuivi rappelant que "cela n'a échappé à personne que nous sommes en période pré-électorale".

"Sous Mme Taubira, garde des Sceaux, on a des budgets de l'ordre de 1%, on n'entend pas de contestation (…) Quand Madame Taubira était garde des Sceaux, le syndicat de la magistrature était représenté à tous les étages de la chancellerie. 1% de budget et pas une contestation", a répété Éric Dupond-Moretti avant de renchérir sur l'inaction de la droite. "Quand Mme Pécresse est au gouvernement, les magistrats qui partent à la retraite ne sont pas remplacés", a-t-il dénoncé.

Le ministre de la Justice s'est ainsi défendu d'avoir "obtenu et fait, en 5 ans, ce que la gauche et la droite, en 10 ans, ne sont pas parvenus à faire". "Quand nous sommes arrivés, au début du quinquennat, il n'y avait pas de wifi dans les juridictions, nous l'avons fait. Il n'y avait quasiment pas de fibre optique, nous l'avons fait. Nous avons doté 100% des magistrats d'ordinateurs portables et les cadres, de téléphones", a-t-il énuméré. "C'est dire l'état de 'clochardisation' dans lequel se trouvait la justice en 2017", a déclaré Éric Dupond-Moretti, reprenant une citation de Jean-Jacques Urvoas, ancien garde des Sceaux.

"J'ai réparé l'urgence et je le dis très clairement."

Éric Dupond-Moretti

à France Inter

"Le budget que j'ai obtenu à Bercy, ce sont deux budgets historiques de plus de 8%", a souligné le ministre tout en rappelant avoir créé "650 postes de magistrats supplémentaires", "750 postes supplémentaires de greffiers". "On était au rendez-vous et nous avons atteint les objectifs de la loi de programmation justice, nous l'avons dépassée, mais il faut envisager ce que nous pouvons faire encore", a ajouté Éric Dupond-Moretti assurant avoir "écouté et entendu" les magistrats et greffiers qui appellent à la grève.

Le garde des Sceaux a ciblé "le manque de moyens" qu'il "ne conteste pas" mais aussi "la répartition du travail et le management" qui, selon lui, jouent un rôle important dans cette "souffrance au travail" que dénoncent les magistrats. "Il faut savoir d'où nous venons, ce que nous avons fait et ce que nous pouvons faire", a-t-il estimé. "Moi, je suis tout à fait prêt à accepter de regarder les choses en face car on a tous des responsabilités", a-t-il déclaré. "Je dis, je redis et je le dirai encore, avec toute la passion qui est la mienne, que les États généraux de la Justice ont été conçus pour améliorer la justice de notre pays et que le boycott, le nihilisme, est insupportable", a souligné Éric Dupond-Moretti.

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