"Virtually Versailles" à Singapour : la première exposition totalement digitale du château de Versailles

"L'idée c'est de donner le désir à ceux qui viendront visiter cette exposition à Singapour de venir voir la réalité à Versailles" explique Catherine Pégard, présidente de l'établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles. 

Image d\'illustration. Des touristes au château de Versailles. 
Image d'illustration. Des touristes au château de Versailles.  (PIERRE HECKLER / MAXPPP)

"Il ne faut pas attendre qu'on vienne vers nous, il faut aussi aller vers les autres", a expliqué vendredi 30 novembre sur franceinfo Catherine Pégard, présidente de l'établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles. Ce vendredi s'ouvre à Singapour la première exposition totalement digitale du château de Versailles.

Au XVIIIe siècle, "on considérait déjà que Versailles méritait d'être visité par le monde entier, nous continuons à faire la même chose", a-t-elle ajouté pour parler de cet événement qui est, selon elle, plus "une expérience qu'une exposition".

franceinfo : est-ce une exposition ou une grande campagne de publicité pour le château ?

Catherine Pégard : c'est une expérience, plutôt qu'une exposition. Une expérience qui s'adresse à de nouveaux publics. L'idée c'est de donner le désir à ceux qui viendront visiter cette exposition à Singapour de venir voir la réalité à Versailles. Rien ne remplacera jamais la visite réelle de Versailles. C'est un avant-goût. C'est quand même une manière de découvrir Versailles avec les moyens technologiques d'aujourd'hui. Il y a quelques années, on aurait peut-être offert des livres, aujourd'hui on va plus vers l'image, vers l'immersion dans les lieux que l'on peut découvrir. Là, on peut passer des jardins de Versailles aux appartements royaux, on peut les voir en quatre dimensions, on peut traverser les allées à toute vitesse sur une bicyclette connectée. Grâce à la réalité virtuelle, on peut reconstituer des lieux qui sont désormais vides depuis qu'ils ont perdu leurs meubles au moment de la Révolution française, et ainsi, on se fait une idée de Versailles, et j'imagine qu'on nourrit son rêve de Versailles, car l'essentiel, encore une fois, c'est d'avoir sa propre idée de Versailles quand on ira voir ce lieu tel qu'il est, unique au monde.

N'êtes-vous pas en train de faire de Versailles un jeu et de "trahir" ce haut lieu de l'histoire française, en quelque sorte ?

Non. Les contenus exposés sont les contenus que nos conservateurs ont élaboré à partir de l'histoire du château de Versailles. D'ailleurs, ces contenus montrent l'histoire, les artistes, les scientifiques de Versailles comme on les voit rarement ailleurs. On se reconnaît dans cette histoire et nous avons bien vérifié que tout nous semblait exact, conforme à la réalité historique.

Avez-vous choisi Singapour pour aller chercher de nouveaux visiteurs et ainsi faire face à la concurrence ?

Il y a de très beaux endroits, de très beaux monuments partout dans le monde. Nous, nous avons huit millions de visiteurs, 80% sont des étrangers, un million et demi viennent d'Asie. Aujourd'hui, il ne faut pas attendre qu'on vienne vers nous, il faut aussi aller vers les autres. Il faut aussi convaincre les visiteurs du monde entier d'y venir, comme au XVIIIe siècle où on essayait déjà de convaincre de venir tous les artistes, tous les visiteurs, tous les touristes - puisqu'on a créé les premiers guides touristiques à Versailles à cette époque. On considérait déjà que Versailles méritait d'être visité par le monde entier, alors nous continuons à faire la même chose.