Vidéo Rencontre avec Silvère Jarrosson, danseur des toiles

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La danse, c'était toute sa vie. Il s'apprêtait à intégrer le ballet de l'Opéra de Paris quand une grave infection a mis fin à son rêve. Aujourd'hui, c'est grâce à la peinture que Silvère Jarrosson s'exprime avec son corps. Et les toiles sont ses partenaires.

Plus jeune, il ne s'imaginait pas peintre. Sa passion, c'était la danse. Silvère Jarrosson était petit rat de l'Opéra de Paris, en dernière année. Pour intégrer l'opéra, il devait danser un ballet qui s'appelle "Fête des fleurs à Genzano", "un pas de deux avec une fille d'une quinzaine de minutes." "Je me suis donné pour ce rôle comme jamais. Une passion, une telle joie, une telle envie de faire tout d'un coup ce rôle de soliste, c'était trop beau pour moi."

Un rêve qui s'effondre

Un jour, Silvère sent "une petite douleur au niveau de la hanche", "sans inquiétude". En réalité, c'était beaucoup plus grave que ça. "Je n'en avais pas conscience, je n'ai pas voulu écouter mon corps, je ne me suis pas soigné, je n'ai rien dit à personne. Et pendant ce temps-là, ça s'aggravait, ça s'aggravait, ça s'aggravait. Je l'ai fait d'ailleurs, finalement, ce rôle. Ça s'est merveilleusement bien passé mais dans les jours qui ont suivi, j'étais à l'hôpital", confie-t-il. Résultat : une infection à l'intérieur de la moelle osseuse du fémur obligeant le danseur à avoir une prothèse. "On me dit, pratiquement du jour au lendemain : "La danse, tu oublies, c'est mort. Tu auras une prothèse à la hanche, c'est complètement déraisonnable, tu ne peux pas continuer à danser." Je pleure un grand coup."

Un danseur des toiles

Très vite, la peinture arrive dans la vie de Silvère Jarrosson. Ce moyen d'expression lui rappelle la danse. "Assez instinctivement, je me suis mis à utiliser de la peinture très liquide, à la répandre sur la toile, à faire des mouvements, à créer des courbes et tout ça, qui évidemment me rappelaient aussi beaucoup la danse." Aujourd'hui, les partenaires de Silvère sont des toiles sur lesquelles il dessine ses mouvements. "Je suis dans une réflexion assez chorégraphique, parfois un peu technique, où je réfléchis plus à quel type de mouvement va créer quel type de forme, ou quel type de composition dans le tableau", conclut-il.

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