Profession écrivain

Pas facile de faire publier son livre et d'en vivre. L'écrivain vit sous le régime du risque et du droit d'auteur. Une passion qui flirte parfois avec précarité.

Le monde du livre fascine

Chaque année, près de 5000 nouveaux romans sont publiés... dont la durée de vie moyenne est inférieure à un an. Pas facile d'en vivre. L'écrivain vit sous le régime du risque, et du droit d'auteur : sa rémunération dépend des ventes de ses livres, donc de sa capacité à fidéliser un public.   

Le succès d'un livre

Pour la majorité des livres qui marchent, il est facile de comprendre pourquoi : talent, thème, qualité de l'écriture... Mais pourquoi tant d'autres aux qualités proches ne sortent-ils pas du lot ? "Même les éditeurs sont parfois surpris par des succès, comme ceux de Philippe Delerm ou d'Anne Gavalda, partis l'un et l'autre sur du bouche-à-oreille. Il n' y a pas de recettes, il y a de l'intuition", selon Jean-Pierre Arbon, co-fondateur des Editions 00h00, pionnier de l'édition en ligne. Pour Françoise Nyssen, directrice des éditions Actes Sud, le succès d'un livre "c'est une alchimie secrète. Ca démarre d'abord de la conviction d'un éditeur, et ça passe par une communication virale qui fait que le lecteur entend, ou pas, le message ".  

Toujours plus de nouveaux titres

Le marché édite deux fois plus de nouveaux romans qu'il y a dix ans. Une fuite en avant qui traduit la force d'attraction, et la bonne santé générale, de l'édition. Premier secteur éditorial en importance : la littérature, suivie par les livres jeunesse et les livres pratiques. Viennent ensuite, l'enseignement , la bande dessinée et les STPSHS (scientifiques, techniques, professionnels, sciences humaines et sociales). Mais, tandis que le nombre de titres monte, ce sont les tirages qui baissent. Conséquence : il devient de plus en plus difficile aux romans, et qui plus est aux premiers romans, de se frayer un chemin jusqu'au lecteur. Dans ces conditions, vivre de sa plume tient de la loterie...  

Artistes et auteurs

Pour quelques dizaines d'écrivains qui "marchent" bien, la grande majorité doit exercer un autre métier en parallèle. Journalistes, professeurs ou traducteurs... Nombreux sont ces auteurs qui travaillent en commande, sur toutes sortes de livres : guides, enquêtes, traductions... Une bonne façon de garder un pied dans l'édition, et d'arrondir ses fins de mois. "Un bouquin, c'est trois mois de boulot, et il est important d'apprendre à négocier sa prestation. Il ne faut pas avoir de tabous par rapport à cela ", explique Patrick Lenormand, journaliste et auteur de guides pratiques et touristiques. Les auteurs reçoivent en général une avance, ou "à-valoir", au moment de la signature de leur contrat, ou à la remise du manuscrit. Les droits d'auteurs dépendent du nombre d'exemplaires vendus, à partir du seuil de l'à-valoir déjà perçu. Selon la notoriété de l'auteur, et sa capacité de négociation, ils peuvent aller de 4% à 12%, et jusqu'à beaucoup plus pour les poids lourds de l'édition.    

Un statut précaire

Pour leur couverture sociale, les auteurs doivent s'inscrire aux Agessa. Les montants sont prélevés et versés par les éditeurs. En revanche, il n'existe pas de régime de retraite complémentaire pour les écrivains. Leurs droits d'auteurs - versés en moyenne tous les six mois - sont imposables : soit en bénéfices non commerciaux, soit en salaires ("régime spécial des écrivains").