Notre-Dame : l'illustrateur français qui a dessiné la cathédrale pour "Le Bossu de Notre-Dame" de Disney confie son émotion

Gaëtan Brizzi et son frère ont travaillé sur le célèbre film d'animation qui se déroule à Notre-Dame, en partie détruite par un incendie. "On nous a confié d'ailleurs les séquences qui se passaient à Notre-Dame tant on la connaissait bien", explique-t-il.

La cathédrale après l\'incendie, le 16 avril 2019.
La cathédrale après l'incendie, le 16 avril 2019. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Pour qui a grandi dans les années 1990, le dessin animé Le Bossu de Notre-Dame - sorti en 1996 - a marqué les esprits. C'est sur ce film de Disney qu'a eu la chance de travailler Gaëtan Brizzi, réalisateur de films d'animation et illustrateur, ému par l'incendie de la cathédrale parisienne lundi 15 avril.

"Quand on a appris, mon frère et moi, qu'on nous appelait à Los Angeles pour travailler sur 'Le Bossu de Notre-Dame' (…) Je me suis empressé de retourner voir la cathédrale, que j'ai visité de fond en comble, avec une émotion incroyable. Ce mystère qui y règne, cette présence séculaire et ce mysticisme lié au bâtiment. On est parti très inspiré aux 'USA', ça nous a permis de donner le meilleur de nous-même et on nous a confié d'ailleurs les séquences qui se passaient à Notre-Dame tant on la connaissait bien", a-t-il confié à franceinfo mardi.

"L'émotion n'est pas retombée. Dieu merci, la cathédrale est sauvée, mais quel gâchis, a-t-il poursuivi. Pour moi, ça reste impensable d'avoir vu quelque chose d'aussi dramatique se produire."

Je n'ai pas peur d'utiliser des adjectifs comme 'dramatique' et 'tragique' car, au-delà du symbole, c'est un chef-d'œuvre architectural unique au monde.Gaëtan Brizzià franceinfo

"Les Américains ont une vision touristique de la cathédrale. Ils ont aussi une vision de Notre-Dame à travers les films (...) notamment le film avec Anthony Quinn et la magnifique Lollobrigida. Et une autre version, plus ancienne, avec Charles Laughton. Il fallait que Disney fasse sa version et ils ont beaucoup apprécié notre 'french touch'", raconte Gaëtan Brizzi.

Ce dernier espère que l'on fasse "la charpente telle qu'elle a été faite". "Avec les nouvelles technologies, on ne construit plus comme on construisait avant. Il faut souhaiter que les archives nous permettent de retrouver les plans pour la reconstruire à l'identique", conclut-il.