"Hard" adapté au théâtre : "Re-rire du cul et de la séduction, c'est très salvateur", s'amuse le comédien Charlie Dupont

L'adaptation théàtrale de la série de Canal +, Hard, est jouée depuis le 2 octobre au Théàtre de la Renaissance à Paris. Parmi les comédiens, Charlie Dupont, qui joue sur scène le rôle qu'il tient dans la série.

Le comédien Charlie Dupont lors de la représentation de \"Lettres à Nour\" le 24 janvier 2017.
Le comédien Charlie Dupont lors de la représentation de "Lettres à Nour" le 24 janvier 2017. (JOHN THYS / AFP)

Depuis le 2 octobre 2018, la série à succès de Canal+ sur le milieu du X, Hard, a été déclinée sur les planches du Théâtre de la Renaissance à Paris. Et les spectateurs sont au rendez-vous puisque la pièce est prolongée jusqu'au 6 janvier. Charlie Dupont, qui joue le personnage de Corrado dans la série et sur scène, se réjouit de "la nouvelle écurie" qu'il qualifie de "cirque Pinder de la connerie".

francinfo : Hard c'est l'histoire d'une femme qui hérite à la mort de son mari d'un empire porno dont elle ignorait l'existence...

Charlie Dupont : Exactement. C'est à l'enterrement de son mari que Sophie, jouée par Claire Borotra, découvre des personnages particulièrement bigarrés : Corrado, Roy la poutre, François Vincentelli etc. Elle doit faire avec puisque sa maison est hypothéquée et qu'elle doit nourrir ses enfants. Elle va devoir rentrer dans le porno. Elle a des rêves un peu bourgeois de faire du cinéma traditionnel, mais il y a une grosse résistance du milieu. Corrado est un personnage qui est là depuis le début de la série. Il est très bien membré et il est quand même très gentil. C'est quelqu'un qui est très "famille-respect". Il est complètement naïf, sa culture est très restreinte, ce qui donne des situations particulièrement cocasses. C'est le clown blanc de l'histoire.

C'était facile de passer de la série au théâtre ?

Il faut vraiment saluer le travail de Nicolas Briançon  qui est 'multi-Molièrisé', grand metteur en scène, grand acteur qui, sur cette pièce, sur base de l'adaptation qui a été faite, nous a laissé des portes ouvertes pour tous nous rencontrer. Stéphane Wojtowicz, François Vincentelli et moi-même étions déjà dans la série mais Claire [Borotra], Isabelle Vitari, François Marielle n'y étaient pas. Nicole Croisille, qui est la vieille dame indigne, sublime, n'était pas dans la série. Il fallait donc mettre toute cette écurie ensemble et Nicolas a été formidable pour nous laisser nous amuser énormément. C'est devenu un cirque Pinder de la connerie.

C'est une pièce pour rire mais que dit-elle de notre société ? Elle a un regard sur la surconsommation, la perte des valeurs ?

Ce n'est pas du tout une pièce politique. On n'est pas en train de parler du milieu du porno. On s'en sert pour rire bien sûr. Mais néanmoins, je crois que dans cet endroit où on ne sait plus très bien quel est le rapport entre les sexes, simplement "re" rire du cul et de la séduction, je crois que c'est très salvateur. Sur le monde du porno, il y a quand même une espèce de désenchantement. Ce n'est plus ce que c'était non plus. Ça a été flamboyant et révolutionnaire, ça ne l'est plus. Ça, c'est un propos très "Bruno Gaccio" qui a signé l'adaptation. Ce qui me touche c'est ce que ça dit sur "essayons de rester légers avec le cul". C'est une pièce pour les plus de 15 ans. Il ne faut pas être plus bégueule qu'un bégueule.