"Beate et Serge Klarsfeld", les mémoires des "chasseurs de nazis" adaptées en BD

La bande dessinée adaptée du livre "Mémoires de Beate et Serge Klarsfeld",  par Pascal Bresson et Sylvain Dorange, est publiée aux éditions La Boite à Bulles. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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Temps de lecture : 2 min.
Beate et Serge Klarsfeld  découvrent le roman graphique "un combat contre l'oubli" paru aux éditions La Boite à Bulles (France 3 Paris Ile de France)

Surnommés Les chasseurs de nazis, Beate et Serge Klarsfeld ont fait de leur vie un combat contre l'oubli. Leur histoire et leur vie ont été racontées dans des films, des documentaires et même à l'opéra, mais c'est la première fois qu'un roman graphique leur est consacré. Adapté par le scénariste Pascal Bresson et l'illustrateur Sylvain Dorange, il relate au plus près les événements... 

Reportage : G.Faure, M.Movsissian, C.Gadelorge, L.Comiot 
 

Un parcours exemplaire

"Si les Allemands nous arrêtent, moi, je survivrai parce que je suis fort mais pas vous". Ces mots sont ceux du père de Serge Klarsfeld, avant que les officiers de la Gestapo n'arrivent chez eux, à Nice. Dissimulés dans une cache de la maison, la famille échappera à la déportation. Mais son père, arrêté, mourra à Auschwitz comme des millions d'autres juifs. Ces paroles, prononcées en 1943, resteront à jamais gravées dans la mémoire de Serge Klarsfeld.

Extrait "Beate et Serge Klarsfeld : un combat contre l'oubli" (Edition La Boite à Bulles)

Dans les années 1960, Serge rencontre Beate, une jeune Allemande installée à Paris comme fille au pair. Il est avocat, elle est militante, ils se font la promesse d'obtenir la mise à l’écart de la vie politique allemande de tous les anciens nazis. Le 7 novembre 1968 correspond à l'acte fondateur de leur engagement. Beate gifle le chancelier allemand et ancien nazi, Kurt Kiesinger, lors du congrès de la CDU. "Un ancien nazi, pour la société allemande de l'époque, ça n'était pas quelque chose de terrible, donc comme on voulait avoir du succès il fallait changer de méthode", se souvient Beate Klarsfeld. Distribution de tracts, manifestations, tentatives d'enlèvements, c'était ça La méthode Klarsfeld. 

Extrait du roman graphique "Beate et Serge Klarsfeld – Un Combat contre l’oubli"  (Editions la Boite à Bulles)
Cette ténacité sans faille leur permet de retrouver les anciens criminels de guerre installés paisiblement à l'autre bout du monde. Grâce à leur action, ils seront tous jugés en France ou en Allemagne. Parmi eux : Kurt Lischka, organisateur de la Rafle du Vel d’Hiv, Herbert Hagen, organisateur de la déportation des juifs de Bordeaux, et surtout Klaus Barbie, le boucher de Lyon, qui avait torturé à mort le résistant Jean Moulin et déporté les Enfants d’Izieu.

Fidèle à 45 années de combats

Pour écrire et raconter en dessins l'engagement de Beate et Serge Klarsfeld après la guerre, les deux auteurs ont réalisé un gros travail de documentation. "Quand on fait un livre sur Beate et Serge Klarsfeld, il faut vraiment être précis, on ne peut pas raconter tout et n'importe quoi, il faut que tout soit vrai. C'est quand même 45 ans années de combats et c'est partout dans le monde", précise Pascal Bresson.

La bande dessinée tirée des mémoires du couple montre aussi la collaboration policière du régime de Vichy et l'implication de la France dans les déportations. "Beate est entrée dans l'Histoire avec l'action qu'elle a menée contre les nazis allemands et moi pour avoir changé la mémoire du rôle de Vichy et montré la profonde collaboration policière contre les familles juives innocentes", souligne Serge Klarsfeld. La bande dessinée s'appuie sur les mémoires et documents fournis par Beate et Serge. Les dessins de Sylvain Dorange embarquent le lecteur dans un thriller, une histoire vraie, maintes fois racontée, essentielle pour lutter contre l'oubli.

"Beate et Serge Klarsfeld, un combat contre l'oubli" par Pascal Bresson et Sylvain Dorange aux éditions La Boite à Bulles.

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