Pyrénées-Orientales : sept personnes mises en examen après le démantèlement d'un trafic de cannabis franco-espagnol

L'enquête avait démarré il y a moins d'un an après l'arrestation du conducteur d'un go fast près d'Argelès-sur-Mer. Six suspects ont été placés en détention provisoire.

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Radio France
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Les arrestations ont eu lieu dans le secteur de Perpignan. (CAPTURE D'ECRAN GOOGLE MAPS)

Sept personnes ont été mises en examen dont six placées en détention provisoire dans les Pyrénées-Orientales après le démantèlement d'un trafic de drogue franco-espagnol, rapporte France Bleu Roussillon vendredi 9 octobre. Un autre suspect reste sous contrôle judiciaire.

En tout, 10 personnes ont été interpellées lors de ces opérations menées ce lundi par la Guardia Civil et la gendarmerie. Côté espagnol, un homme a été incarcéré. Ces interpellations ont eu lieu notamment à Pollestres, Bages, Toulouges, et Elne, quatre communes proches de Perpignan. Il s'agit d'hommes âgés entre 20 et 30 ans, issus du département et déjà connus, pour certains, des services de police. Ils sont suspectés d'association de malfaiteurs, et encourent jusqu'à 10 ans de prison.

Plus de 3 000 pieds de cannabis et 11 kilos d'herbe

L'enquête aura duré un peu moins d'un an. Elle a démarré après l'interpellation par le peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie d'Argelès-sur-Mer, le 11 décembre 2019, du conducteur d'un go fast. Grâce à un travail conjoint des forces françaises et espagnoles, les enquêteurs remontent à plusieurs individus suspectés de participer à un trafic de drogue pour alimenter le marché des Pyrénées-Orientales.

En plus des arrestations en France, la Guardia Civil a mis au jour quatre sites de production de cannabis. Au total, 3 400 pieds ont été retrouvés, dans des hangars, notamment à Figuères. Trois personnes ont été entendues de l'autre côté des Pyrénées, dont une a été écrouée. Onze kilos d'herbe ont également été récupérés.

"Ce qui est différent dans cette affaire, c'est l'ampleur de la production, qui montre une production intensive,. reconnaît le procureur de la République de Perpignan. D'après les officiers espagnols, ces "usines" produisaient jusqu'à 20 kilos de drogue par semaine pour la France. Le business était lucratif : lors des saisies, les enquêteurs français ont mis la main sur 150 000 euros en liquide, 40 000 euros sur des comptes bancaires, six véhicules de luxe et divers objets de valeur.

Des relations de "confiance" et "intenses"

Cette opération, initialement baptisée "Ninja 66" avant de devenir "Stup 66", a nécessité un gros travail de la part d'une dizaine d'enquêteurs français (issus à la fois de la gendarmerie des Pyrénées-Orientales et de Montpellier). Elle est aussi le résultat d'une entente, d'une "confiance" et de relations "intenses" dont se réjouissent à la fois gendarmes espagnols et français.

Depuis 2018, trois autres opérations franco-espagnoles d'envergure ont été menées pour lutter contre le trafic de drogue. L'opération "Kudeta" en novembre 2018 a entraîné la mise en examen de 26 individus. Une autre, nommée "Cokethau" a mis en relief un trafic d'héroïne, déclenchant la mise en détention provisoire de 16 personnes en mars 2019. Enfin, l'opération "Evoque" a permis d'interpeller 26 trafiquants de chaque côté de la frontière.

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